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Biomasse à Saint-Gilbert: les citoyens s'informent

Biomasse à Saint-Gilbert: les citoyens s'informent

Alors qu’avance à grand pas l’implantation d’une chaudière à biomasse collective dans la municipalité de Saint-Gilbert, plusieurs citoyens de la région intrigués par le projet se sont rendus, le 19 novembre dernier, dans le comté de Lotbinière pour visiter le fabriquant du dispositif qui sera bientôt installé chez eux. L’occasion était parfaite pour répondre aux interrogations soulevées par les citoyens et celles qui ont été mises récemment de l’avant par l’organisation écologiste Greenpeace concernant la biomasse.

 
L’entreprise Chauffage Éconoserres est installée dans la municipalité de Saint-Gilles et fabrique des chaudières à biomasse qui sont vendues partout dans la province. Ce sont environ trente visiteurs de Portneuf, principalement de Saint-Gilbert, qui sont allés voir de leurs yeux un exemplaire de la chaudière à biomasse qui sera installée chez eux en 2012 pour chauffer l’église, le bureau municipal et l’ancien presbytère.
 
Le concepteur de  la chaudière, Martial Paquet, a répondu aux nombreuses questions qui lui ont été adressées et qui concernaient entre autres diverses données techniques, l’entretien et la fiabilité.
 
Plusieurs compagnies d’Europe ont acquis une réputation d’avant-gardistes dans le domaine de la biomasse. Les gens de Chauffage Éconoserres ont eu l’occasion de se rendre sur le vieux continent pour constater qu’ils avaient eux-mêmes déjà mis en place les mesures innovantes qu’ils y ont trouvées.
 
Le dispositif en question est de petite taille, très efficace et réalisé avant tout dans un souci de simplicité. Selon M. Paquet, cette chaudière à gazéification de bois, en brûlant à haute température les gaz produits, permet d’atteindre un taux de combustion de 99% et une efficacité de 90%.
 
Alors que quelques citoyens de Saint-Gilbert étaient préoccupés par les coûts d’entretien de leur future chaudière, Martial Paquet a rappelé que son appareil ne nécessitait qu’un minimum d’entretien.  Il a également offert de fournir, lors de l’installation, une formation à des travailleurs locaux pour permettre à la communauté de Saint-Gilbert de prendre elle-même en main la gestion de sa chaudière.
 
Aussi, pour assurer la fiabilité des installations, le système pourra être connecté à distance à l’ordinateur d’un spécialiste à Saint-Gilles qui pourra constater en direct l’état de la chaudière et, au besoin, effectuer des ajustements. De plus, on étudie présentement la possibilité de mettre sur pied un service de réparation rapide. Selon le fabriquant, la chaudière aurait une durée de vie (théorique) d’un siècle, si elle est entretenue convenablement.
 
Quoi qu’il en soit, la visite chez Chauffage Éconoserre a permis à plusieurs de poser leurs questions à des spécialistes. Convaincu depuis le lancement du projet, le maire de Saint-Gilbert, Luc Gignac voyait la chaudière de ses yeux pour la première fois. Il persiste à y voir une occasion qui doit être saisie par sa municipalité.
 
Une filière à développer avec soin
 
Pendant que se développe l’exploitation de la biomasse au Québec et au même moment où Saint-Gilbert s’apprête à prendre ce virage, l’organisation écologiste Greenpeace a publié, en octobre dernier, un rapport intitulé De biomasse… à biomascarade où sont dénoncées certaines dérives de l’industrie de la biomasse.
 
Le document de quarante pages conteste certaines utilisations de la biomasse forestière et annonce un désastre écologique si l’exploitation de cette dernière n’est pas rigoureusement encadrée. Le rapport dénonce entre autres la publicité qui est faite de cette ressource par les gouvernements et l’industrie selon laquelle celle-ci est « carboneutre ».
 
Il s’attaque aussi à l’utilis
ation à grande échelle de résidus de bois pour la production d’électricité. En effet, selon Greenpeace, « les opérations de grande envergure de bioénergie forestière ne sont pas profitables sans subventions gouvernementales substantielles ».
 
Selon le lobby environnemental, seuls les projets de biomasse locaux et à petite échelle, comme celui de Saint-Gilbert, sont acceptables, en particulier s’ils s’approvisionnent à même des résidus existants de scierie ou d’autres types d’industries. La chaudière qui chauffera les bâtiments communautaires de Saint-Gilbert s’approvisionnera, quant à elle, principalement à même les résidus de bois laissés sur place lors de coupes forestières. Dans ce cas, le rapport recommande de limiter à 25% la proportion de la biomasse pouvant être récoltée et rappelle la nécessité d’adopter un pourcentage encore plus bas. Les débris forestiers constituant un apport essentiel de matière organique, en priver les sols compromettrait leur fertilité à long terme.
 
Jean-Pierre Naud, président de la Chambre de commerce du secteur ouest de Portneuf (qui, avec le Groupe d’action en développement durable, chapeaute le projet de Saint-Gilbert), même s’il dénonce le traitement alarmiste des données que contient le rapport, admet que Greenpeace soulève de bons points. « Je leur donne raison, il faut être prudent dans la cueillette », affirme M. Naud, ajoutant que le projet allait se doter d’un code d’éthique pour s’assurer un approvisionnement qui ne compromet pas la qualité des sols. Aussi, si le document De biomasse… à biomascarade reconnaît la pertinence de petits projets, Jean-Pierre Naud rappelle l’existence d’exemples à ne pas suivre, comme celui de la très peu efficace centrale de Saint-Félicien, que Greenpeace a utilisé pour alimenter la polémique.
 
De son côté, Luc Villeneuve, président de la Fondation québécoise des énergies renouvelables qui agit à titre de consultant pour le Groupe d’action en développement durable, rappelle que la biomasse ne constitue pas une panacée universelle mais plutôt « une des solutions » énergétiques qui devront être développées dans le futur.



C’est ce modèle de chaudière qui sera installé à Saint-Gilbert.

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