Saint-Raymond : les solutions pour contrer les inondations semblent porter fruit

Pas de frasil au centre-ville, il semble que les interventions combinées de l’estacade flottante, de la modification au barrage estacade, de la Grenouille et d’un nouvel appareil baptisé Araignée aient porté fruit.

Pour la première fois depuis que la Ville effectue des opérations printanières de bris de couvert de glace, toute la longueur entre le barrage de Chute-Panet et le barrage estacade a pu être entrouverte par les machines flottantes.

Deux machines différentes ont donc été utilisées pendant une semaine depuis le lundi 3 avril. D’abord le prototype de l’Araignée, des entreprises Claude Provost de Yamaska, qui s’est engagé sur la rivière. C’est cette entreprise qui, au courant des difficultés que Saint-Raymond rencontrait avec sa rivière, a proposé de mettre son prototype à l’essai sur la Sainte-Anne, en partenariat avec la Ville.

L’Araignée n’existe qu’en deux exemplaires et son utilisation sur la rivière était une première.

Le lendemain, la Grenouille, une machine de la compagnie néo-brunswickoise Eco Technologies qu’on a vue sur la rivière ces dernières années, s’est elle aussi engagée sur le cours d’eau.

La Grenouille a brisé le couvert de glace du barrage de Chute-Panet jusqu’au débarcadère de la rue Saint-Hubert. Alors que l’Araignée a travaillé du débarcadère jusqu’au barrage estacade. Sa taille moins haute a permis à ce nouvel appareil de passer sous les ponts pour se rendre jusqu’au barrage estacade.

L’Araignée a également aidé dans le secteur du barrage Chute-Panet là où la Grenouille ne pouvait pas aller.

Munie de flotteurs cylindriques sur les côtés, l’Araignée avance sur quatre roues motrices dotées de bras qui peuvent les faire porter jusqu’à six pieds de profondeur. Dans l’eau plus profonde, elle flotte et se propulse grâce à un boom placé à l’avant et également en brisant la glace.

La Grenouille, de son côté, se propulse grâce à un moteur à turbine. Les deux machines sont complémentaires.

Comme l’explique le coordonnateur du Service technique et de la géomatique de la Ville de Saint-Raymond, Christian Julien : « C’est la première fois que la Ville a pu briser le couvert de glace sur toute la longueur de la rivière, ce qui a été un plus pour nous », ajoutant que les interventions ont eu lieu juste au bon moment.

Autre bonne nouvelle, l’estacade flottante aménagée à quelque 20 kilomètres en amont du centre-ville a bien joué son rôle et a retenu une grande quantité de frasil qui autrement aurait descendu la rivière.

Les modifications apportées au barrage estacade ont aussi permis de retenir le frasil en haut du barrage. Les piles amovibles du côté du rang du Nord ont été enlevées pendant trois jours afin de permettre à l’eau de passer de ce côté, et de permettre au couvert de glace de se former de l’autre côté de la rivière. Puis on a remonté les piles afin d’intercepter le couvert de glace. Opération qui a fonctionné, explique M. Julien. « Ce sont deux solutions dont il est prouvé que ça fonctionne », dit-il.

Il n’y a donc pas de frasil au centre-ville dans le moment, ce qui serait une première depuis les 20 dernières années.

La rivière est sous surveillance, mais malgré des mouvements de glace observés en amont, on ne craint pas pour l’instant puisque la situation est stable. « Depuis hier, la rivière bouge, mais est en train de se libérer tranquillement. Pour l’instant, on est très satisfaits de comment ça réagit », ajoute Christian Julien.

Notons que la Ville a mandaté l’entreprise de Deschambault-Grondines Pro-Métal Plus afin de concevoir un appareil spécifique aux travaux de bris de glace sur la rivière. Il s’agira par la suite, pour la Ville associée aux chercheurs de l’Université Laval affectés à ce dossier, de faire une étude comparative pour déterminer laquelle de ces solutions est la meilleure.

araignée2

araignée1

L’Araignée à l’oeuvre dans le secteur du barrage de Chute-Panet.

Météo Portneuf