Économie : cinq candidats dans Portneuf s’expriment

En prévision des élections provinciales, les trois chambres de commerce de la région de Portneuf ont invité les candidat(e)s à s’exprimer sur le thème de l’économie lors d’une soirée qui s’est tenue hier à Saint-Raymond.

Comme l’a précisé d’emblée Édith Robitaille, directrice générale de la Chambre de commerce régionale de Saint-Raymond, il ne s’agissait pas d’un débat. « Nous voulions organiser une soirée afin de donner un droit de parole sur le volet économique de Portneuf », a-t-elle expliqué.

Ainsi, la soirée a en quelque sorte fait figure d’échauffement avant le débat de CJSR prévu ce mardi 18 septembre. La courtoisie était au rendez-vous, les candidats saluant et approuvant parfois les idées de leurs adversaires.

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La soirée s’est déroulée dans une salle du restaurant Pizzeria Paquet de Saint-Raymond.

Après avoir été présentés, les prétendants au siège de député ont répondu à des questions portant sur la pénurie de main-d’œuvre, la place de Portneuf au sein de la Capitale-Nationale, l’allègement du fardeau administratif ou encore les transferts d’entreprises.

Le temps de parole alloué était de quatre minutes par question. L’assistance, composée notamment d’entrepreneurs, avait la possibilité d’interroger les candidats.

Voici ci-dessous un survol des prises de position et idées exprimées durant la soirée.

Vincent Caron (CAQ)

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Pour le candidat caquiste, la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre passe forcément par l’immigration économique. Il a rappelé que son parti voulait accélérer les procédures en réduisant les délais de traitement des demandes et assurer une meilleure régionalisation de l’immigration. La lutte contre le décrochage scolaire est également une solution avancée.

Vincent Caron a déclaré qu’il fera toujours en sorte de « favoriser les choses pour que Portneuf puisse avoir sa place dans les instances décisionnelles. » Il a qualifié la région de « terrain de jeu » de la Capitale-Nationale en ce qui concerne le tourisme. En cas d’élection, il prévoit accompagner l’amélioration de l’offre d’hébergement, mais aussi redorer l’industrie de la chasse et de la pêche.

Par ailleurs, il prône « un allègement de la bureaucratie », à la fois pour les entrepreneurs et les travailleurs autonomes. Il s’engage aussi à travailler pour imaginer une zone tampon afin que certains secteurs de Portneuf puissent bénéficier de crédits d’impôt qui ne sont pas octroyés dans la Capitale-Nationale.

Odile Pelletier (QS)

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La candidate de Québec solidaire a plusieurs fois évoqué l’une des mesures phares de son parti, soit la hausse du salaire minimum à 15 dollars de l’heure. « Les hausses de salaire peuvent inciter plusieurs personnes à réintégrer le marché du travail », a-t-elle expliqué. Mme Pelletier veut également miser sur l’éducation (gratuité du CPE au doctorat, réduction du nombre d’élèves par classe, revalorisation du métier d’enseignant) et la formation continue.

Sur le sujet de l’immigration, elle a salué l’initiative du député fédéral Joël Godin de mettre en place des coopératives pour faciliter l’intégration des travailleurs étrangers. Elle a toutefois estimé qu’il fallait se montrer vigilant quant à l’afflux d’immigrants pour ne pas entraîner les salaires à la baisse et aggraver le problème d’attractivité.

Sur d’autres sujets, elle a vanté le « potentiel d’innovation extrêmement fertile » de Portneuf. Elle veut valoriser les services de proximité, encourager l’achat local et améliorer le transport collectif. Concernant l’aide aux entreprises, elle souhaite une redirection des subventions des grandes entreprises vers les PME, afin de « réduire le deux poids deux mesures ».

Christian Hébert (PQ)

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Afin de faire face au manque de main-d’oeuvre, le candidat péquiste préconise d’agir au niveau de l’adéquation de l’offre de formation, et ce, dans tous les secteurs. « On a le plus faible taux de scolarisation de la Capitale-Nationale, déplore-t-il. En ce qui concerne l’emploi, l’éducation doit être une priorité. » Il a également mis l’accent sur l’amélioration des transports en commun dans la région, qui sont selon lui quasi inexistants, ce qui pénalise les étudiants au niveau collégial ainsi que les personnes à faible revenu. Pour ce qui est de l’immigration, il a notamment indiqué que le recrutement dans des pays de langue française permettait une intégration beaucoup plus rapide.

Selon Christian Hébert, Portneuf est « le grenier de la Capitale-Nationale ». Il précise que le secteur bioalimentaire représente plus de 50 % de l’économie de la région.

Il souhaite un allègement de la « paperasse » et un meilleur accompagnement des entrepreneurs avec des solutions personnalisées. En ce qui concerne le maintien des entreprises, il n’a qu’un seul mot, ou plutôt plusieurs : « Le leitmotiv pour le PQ dans Portneuf, c’est la relève, encore la relève et toujours la relève. » Il a notamment pointé du doigt le gouvernement pour ne pas avoir investi suffisamment dans le transfert des entreprises.

Guy Morin (PCQ)

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Pour ce qui est de l’immigration, M. Morin pense qu’il est important que celle-ci soit qualifiée et ciblée. « Il faut aider les entreprises à bien identifier la main-d’oeuvre dont elles ont besoin et les faire participer dans le processus d’immigration », a-t-il fait savoir. Il estime que la langue parlée n’a pas d’importance dans le critère de sélection, sachant que les nouveaux arrivants doivent avant tout s’intégrer par le biais de leur travail.

Tout au long de la soirée, le candidat conservateur a répété que « l’argent doit rester dans la poche des entreprises et que celles-ci doivent pouvoir l’investir comme elles le souhaitent. » Il a mentionné que son parti voulait réduire de 100 % les subventions aux entreprises, tout en diminuant les impôts de près de 40 %. Ce faisant, les entreprises seraient selon lui en mesure d’offrir de meilleurs salaires, de meilleures formations et auraient une plus grande marche de manoeuvre pour être davantage concurrentielles sur le marché.

Il a qualifié Portneuf de région très importante en ce qui concerne le tourisme, l’agroalimentaire, la chasse ou la pêche. D’après lui, on ne devrait pas laisser aux fonctionnaires décider ce dont la région a besoin.

Philippe Gasse (PLQ)

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Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, le candidat libéral juge primordial de soutenir  les entreprises afin de former des travailleurs. Selon lui, malgré un niveau de diplomation plus faible dans la région, il n'en reste pas moins que de nombreuses personnes ont des compétences. « Il faut leur laisser la chance d’apprendre un métier, ils deviendront des employés modèles », lance-t-il.

Philippe Gasse considère que le prochain député se devra d’être « une courroie de transmission » entre le gouvernement et les entreprises de la région. Concernant la « diminution de la paperasse », il a souligné que le gouvernement libéral avait déjà amorcé une réduction des coûts de formalités administratives de 20 % et que celle-ci allait se poursuivre.

Il a rappelé que la région disposait du plus grand nombre de pieds carrés de parcs industriels dans la Capitale-Nationale, et qu’il fallait investir davantage d’efforts pour attirer les entreprises. Selon le candidat du PLQ, le développement du tourisme, l’amélioration du réseau routier ou encore de l’accessibilité à l’Internet sont d’autant de points cruciaux pour assurer la vitalité économique de la région.

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