Jean-René Moisan : un parcours de l’Ouest solitaire jusqu’à Mégantic

Jean-René Moisan : un parcours de l’Ouest solitaire jusqu’à Mégantic

SAINT-RAYMOND | Jean-René Moisan. C’est lui le preux chevalier du Moyen-Âge, en train de se sustenter d’un plat du Marché Goodfood, autour du feu avec son compagnon d’arme pour le moins sceptique mais sûrement convaincu après lui avoir entendu dire que : « C’est tellement bon, ça m’a jeté à terre ».

Ce petit gars de Saint-Raymond a fait ses premières armes à CJSR, puis dans le cadre du cours d’art dramatique de l’école secondaire.

À le télévision communautaire, il avait alors rejoint l’équipe de « Ça parle au diable », où il a côtoyé les Philippe Jobin, Étienne Beaumont, Frédéric Paquet, Patrick Bussières, Stéphane Lépine.

« On s’était vraiment amusé à faire des sketches, exprime-t-il. Je voulais déjà être comédien avant ça, mais pour moi c’était une belle opportunité. Je me suis fait des amitiés de longue date avec ça, on avait bien du fun ».

« Mes premières armes de comédien, ce qui m’a donné la piqûre pour vrai, c’est ma rencontre avec l’enseignante en art dramatique Odile Pelletier à l’école secondaire ».

Sa carrière théâtrale

Après son secondaire, Jean-René Moisan se retrouve à l’Université Laval, en étude théâtrale, et ce jusqu’à sa vingtaine. En 2003, alors qu’il a 22 ans, il est accepté au Conservatoire d’art dramatique de Québec où il acquiert une formation professionnelle d’acteur.

À sa sortie en 2006, c’est le début de sa carrière d’acteur. S’enchaîne alors, entre  2007 et 2019, une suite d’une trentaine de pièces de théâtre auxquelles il prend part, de l’Ouest solitaire de Martin McDonagh, jusqu’à Une maison de poupée, d’Henrik Ibsen. Il a l’occasion de monter sur les planches du Périscope, de la Bordée, du Trident, et de plusieurs autres scènes québécoises.

En 2007 et 2009, il est deux fois en nomination pour le prix Nicky Roy (talent prometteur). Puis en 2016, il reçoit le Prix Interprétation masculine de l’Association québécoise des critiques de théâtre pour son rôle de Brick dans La chatte sur un toit brûlant, de Tennessee Williams.

Cinéma et publicités

De 2008 à ce jour, il joue dans quatre films. En 2016, son rôle de Louis dans Une question de goût (réalisation de David Labrecque) lui vaut le prix du Meilleur Acteur au Woodengate International Film Festival. De 2011 à 2021, on le voit aussi au petit écran dans près d’une vingtaine de rôles de diverses séries. On l’a notamment vu dans Le Phénix, Portrait-Robot, et District 31, pour ne citer que ces titres.

À travers ces rôles, il fait des voix hors champs et joue dans des publicités. Il y a évidemment cette publicité (télé et réseaux sociaux) du Marché Goodfood. Le hasard a fait qu’il y partage l’écran avec celui qui fut également son partenaire de crime dans Le Phénix, rôle joué par Hugolin Chevrette.

Le tournage de Goodfood s’est étalé sur 13 heures, alors que les comédiens des versions francophone et anglophone se sont alternés sur le plateau, vêtus de vraies armures d’une cinquantaine de livres sur le dos.

Avec sa copine dans la vie, Leila Thibeault Louchem (la Stéphanie de Discussions avec mes parents), il a aussi tourné dans une publicité gouvernementale invitant le public à revenir dans les salles de cinéma.

De comédien à cueilleur d’asperges

On ne peut passer sous silence son expérience de cueilleur d’asperges dans une ferme de la région de Lanaudière, pendant la pandémie. Plus aucun tournage n’avait lieu, et par ailleurs, les travailleurs étrangers habituels ne pouvaient pas entrer au pays. « J’ai voulu faire mon effort de guerre pour la Covid, alors qu’on avait besoin de gens dans les champs ». Un travail dur physiquement qui l’a occupé pendant trois semaines à temps plein. « Ce fut très formateur, ça m’a ouvert sur la réalité agricole », dit-il.

Lui qui a fêté ses 41 ans il y a quelques jours à peine, sera également d’une série à venir qui portera le titre de Mégantic. Le sceau du secret professionnel l’empêche évidemment d’en dire plus à ce sujet.

Jean-René Moisan conclut en laissant ce message : « J’encourage Saint-Raymond à investir en culture ».

Photo : le comédien d’origine raymondoise Jean-René Moisan. Crédit : Annie Éthier