Lac-Sergent veut contrôler le ruissellement

Lac-Sergent veut contrôler le ruissellement

LAC-SERGENT | Afin de protéger et améliorer son plan d’eau, la municipalité de Lac-Sergent procédera à un plan de contrôle du ruissellement et de captation de sédiments en bordure de son réseau routier.

Pour soutenir le projet, le député Vincent Caron a annoncé un montant de 74 500 $ provenant du Programme de soutien régional aux enjeux de l’eau (PSREE). « Il faut créer un cordon sanitaire autour de nos lacs. L’aide du gouvernement va permettre d’atténuer les impacts de mauvaises alimentations par des sédiments et autres contaminants », a souligné M. Caron. Cette somme représente 64 % des coûts de l’opération. La Ville puisera le reste du montant, approximativement 30 000 $, dans sa réserve environnementale. « Notre plan d’action était pour une amélioration sur cinq à dix ans. Le programme nous permet de l’accélérer sur une année », a indiqué le maire de Lac-Sergent, Yves Bédard.

Deux actions

Dans certains secteurs du lac Sergent, jusqu’à un mètre de sédimentation s’est accumulé sur une période de 30 ans. Cela concerne principalement les endroits les plus abrupts. Deux actions complémentaires seront implantées par les autorités afin de réduire le ruissellement et les sédiments. La première mesure permettra de corriger près de 60 problématiques, grâce à l’aménagement de bassins de sédimentation, à l’implantation de puisards, au creusage ou au détournement de fossés et au remplacement de ponceaux. La deuxième mesure consistera à corriger l’épandage hivernal sur le réseau routier de la municipalité. Ainsi, le sable, qui est très volatile sera remplacé par du gravillon, des petites pierres de moins de dix millimètres de diamètre.

Le gravillon remplace le sable

« Ce sont 500 tonnes de sable qui sont utilisées pour l’entretien hivernal. Au printemps, ce qu’on ramasse par le balayage et le vidage des fossés représente seulement 160 tonnes. La différence de 340 tonnes est dans la nature », explique le maire Bédard. L’avantage de ce changement d’abrasif est que le gravillon a tendance à demeurer sur place et n’est pas entrainé lorsqu’il y a de l’eau qui circule. « Le gravillon se dépose plus rapidement dans le fond du fossé que le sable. À moins d’un fort débit, il va demeurer en place et il pourra être récupéré. Les tests qui ont été faits dans d’autres endroits démontrent que le gravillon permet de récupérer jusqu’à 60 % de ce qui a été répandu durant l’année. Avec le vidage des fossés, l’objectif est de ramasser 70 % de ce qui a été utilisé », ajoute M. Bédard.

Le montant de 74 500 $, provenant PSREE, permettra d’effectuer la majorité des divers travaux sur une période d’une année. Crédit: Stéphane Pelletier

Structures de rétention

Par ailleurs, l’aménagement de structures de rétention va également permettre de réduire l’apport de sédiments et de phosphore dans les eaux du bassin. Il n’y avait pas assez de basins de captation ou de structure en place. Les 60 interventions vont résoudre la problématique des sédiments qui se rendaient au lac. D’ici l’automne, de 30 à 40 projets devraient être complétés. Dans d’autres secteurs, les modifications seront coordonnées avec les travaux d’égouts.

Améliorer et sauver

Cette démarche s’intègre dans le plan global de la Ville de Lac-Sergent qui a débuté en 2018 par l’octroi d’un mandat à la CAPSA. Le réseau routier a ainsi été scruté afin d’identifier les endroits où il y avait de la sédimentation qui se rendait au lac. Le Lac-Sergent dispose d’un plan directeur de l’eau avec près de 25 actions très détaillées. « Si vous voulez améliorer le lac, ce n’est pas une action qui va le sauver, mais c’est un ensemble d’actions qui doivent être faites sur du court et moyen terme pour en améliorer la qualité de l’eau », conclut Yves Bédard.

Photo principale: Le maire de Lac-Sergent Yves Bédard, le directeur général de la CAPSA Philippe Dufour, la responsable des communications pour le conseil de bassin du lac Sergent Julie Laforest, le conseiller municipal Daniel Arteau et le député Vincent Caron. Crédit : Stéphane Pelletier