« Les arts qui font du bien »: introduire l’art en milieu de soins

« Les arts qui font du bien »: introduire l’art en milieu de soins

SAINT-RAYMOND | Les résidents du CHSLD de l’Hôpital régional de Portneuf auront droit à une petite parcelle d’art dans leur chambre. En collaboration avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale et la Ville de Saint-Raymond, le projet Les arts qui font du bien réunit une quarantaine d’artistes locaux. Chacun d’entre eux s’est vu confier le mandat de peindre sur une tuile, qui allait ensuite être réinstallée au plafond des chambres des résidents du CHSLD de l’hôpital.

« C’est comme si on amenait l’art dans des lieux moins habituels et qu’en même temps on faisait un partenariat intéressant entre le CIUSSS, la Ville et les artistes locaux, donc ça fait un beau mélange pour faire du bien à tout le monde », indique Étienne St-Pierre, coordonnateur à la culture et au patrimoine pour la Ville de Saint-Raymond.

« Je trouvais aussi que c’était un bon timing parce que ça l’amenait d’autre chose pour eux [les résidents] parce que les activités, ça l’a vraiment baissé [avec la pandémie] », lance Rachel Bilodeau, éducatrice spécialisée à l’Hôpital régional de Portneuf.

C’est en voyant le concept au CHSLD de l’hôpital Chauveau, à Loretteville, que Mme Bilodeau a eu l’idée de reprendre le concept à Saint-Raymond. « J’avais vu qu’à Chauveau ils avaient fait ça et je l’ai envoyé à Étienne. C’est là qu’il a vu le potentiel, par rapport à la covid [et aux artistes] qu’il y avait plus de place pour ce genre de projet-là », explique-t-elle.

« On a eu beaucoup ces commentaires-là, que la période après les Fêtes a été un peu plus difficile. Ça faisait un beau projet pour ces artistes-là. […] On venait combler une période, où il ne se passait pas grand-chose et où on ne pouvait pas exposer non plus dans les lieux conventionnels », ajoute M. St-Pierre.

Jocelyne Thibault a opté pour un paysage apaisant montrant une plage. Crédit : Courtoisie, Rachel Bilodeau

Plus de candidatures que prévu

À la fin du mois de janvier, un appel de candidatures a donc été lancé sur les réseaux sociaux de la Ville ainsi que dans le journal municipal. « On a rejoint plus d’artistes encore qu’on pouvait en accueillir. Au final, ça l’a eu un succès au-delà de nos espérances », confie-t-il.

L’engouement des artistes a été si fort, que même des gens de Québec ont soumis leur candidature pour participer aux Arts qui font du bien. « On voulait que ça soit un projet régional, donc on a à peu près les trois quarts des gens qui sont de Saint-Raymond et le dernier quart qui rayonne un peu dans [le reste] du comté », souligne le coordonnateur à la culture et au patrimoine.

Gaston Ouellet a choisi comme tuile un paysage forestier. Crédit : Courtoisie, Rachel Bilodeau

Parmi les candidats retenus, on compte des artistes venant entre autres de Donnacona et de Pont-Rouge. « On a pu faire rayonner ça un peu au-delà de Saint-Raymond », mentionne M. St-Pierre.

Certains d’entre eux ont même laissé un petit mot avec leur tuile, afin de « prendre contact » avec les résidents du CHSLD de l’hôpital. « L’artiste a le sentiment de faire plaisir à quelqu’un avec ça. Puis la personne qui reçoit cette tuile-là est touchée. Ça peut donner lieu à un jumelage par après avec un échange [avec l’artiste et le résident]. Finalement la portée continue, c’est en mouvance », renchérit-il.

« C’est vrai que ça l’a créé un rapprochement entre la communauté, les résidents et l’hôpital. Dans le contexte de la covid, on sait à quel point les lieux de santé sont déterminants, donc les gens qui participent ont le sentiment d’apporter du beau, d’apporter quelque chose de bien dans ce milieu-là, à la fois pour les gens qui y travaillent et à la fois pour les résidents », reconnaît le coordonnateur à la culture et au patrimoine.

« La réaction des résidents est vraiment, wow ! s’exclame l’éducatrice spécialisée. Étienne vient me porter les œuvres par lot de cinq. Les résidents viennent à mon bureau et ils ont hâte de recevoir les prochaines ».

Une « quarantaine » au centre multifonctionnel

Avant d’être acheminées au CHSLD de l’hôpital, les tuiles sont exposées pendant quelque temps dans l’une des vitrines du centre multifonctionnel Rolland-Dion. Les personnes qui font la file avant d’entrer dans le bâtiment pour se faire administrer leur vaccin contre la covid-19 ont la chance de les admirer. « On ne peut pas les exposer dans une salle d’exposition. [Alors], on fait une rotation [des tuiles] dans les vitrines du centre multifonctionnel. […] On a cinq tuiles qui sont exposées là à la fois », fait savoir Étienne St-Pierre.

« Il y a des gens qui vont prendre des marches, juste pour voir s’il y a des nouvelles tuiles », constate Mme Bilodeau.

Les tuiles sont exposées temporairement dans la vitrine du centre multifonctionnel Rolland-Dion avant d'être acheminées au CHSLD de l'Hôpital régional de Portneuf. Crédit : Sarah Lachance

Au moment d’écrire ces lignes, plus de la moitié des artistes ont remis leur tuile. Ces derniers avaient jusqu’au 31 mai pour redonner leurs œuvres. Les personnes intéressées à voir les tuiles dévoilées depuis le début du projet peuvent se rendre sur la page Facebook de la Ville de Saint-Raymond afin de les admirer en quasi-totalité. « Je ressens vraiment un sentiment de fierté, de bonheur de partager ça et l’art c’est un beau moyen de vivre une émotion pour un peu tout le monde. […] C’est ça qui est au cœur de ce projet-là, c’est un beau véhicule d’émotions positives, dans un contexte qui n’est pas évident », commente M. St-Pierre.

Des échos à Donnacona

Déjà un autre CHSLD de la région s’est manifesté pour reproduire le concept en ses lieux. « J’ai eu un appel de Donnacona, qui veut faire la même chose. Ça va faire des petits, je pense [ce projet-là]. C’est l’fun parce que ça va amener encore plus de monde à contribuer », note Rachel Bilodeau.

D’ici la fin du mois de juin, avec les assouplissements du plan de déconfinement qui se mettent tranquillement en place, M. St-Pierre et Mme Bilodeau n’excluent pas l’idée de clôturer le processus de création des Arts qui font du bien avec une sorte de « vernissage ».

Chose certaine, Étienne St-Pierre se dit vraiment satisfait de la collaboration résultant de ce beau projet. « Ça l’a été un beau partenariat entre le CIUSSS et la Ville de Saint-Raymond », conclut-il.

Photo principale: Pierrette Cantin a choisi l’œuvre de Viviane Cayer pour être installé dans sa chambre. Crédit : Courtoisie, Rachel Bilodeau