Mirépi: La maison de deuxième étape voit le jour

Mirépi: La maison de deuxième étape voit le jour

SAINT-RAYMOND | Après sept ans à travailler sur le projet de maison de deuxième étape, l’organisme Mirépi maison d’hébergement peut maintenant voir le fruit de ses efforts. L’inauguration virtuelle des 19 nouvelles unités s’est déroulée le 23 avril dernier.

Grâce au programme Accès Logis Québec, le projet a pu bénéficier d’une aide financière de 2 423 165 $. « Le projet de deuxième étape, ça fait sept ans qu’on travaille dessus. J’espérais toujours avoir une subvention pour pouvoir le réaliser. […] Ce n’est pas avec les Zumbathons qu’on aurait pu réussir ça », confie Martine Labrie, directrice générale de Mirépi maison d’hébergement.

Sur les 19 unités disponibles, sept seront réservées à l’hébergement d’urgence. Au total, 22 femmes pourront y être logées. Actuellement, une locataire occupe déjà un des appartements. « On a pris possession des lieux à la fin mars, alors elle est entrée le premier avril. Il y en a d’autres qui se préparent [aussi] à y entrer », affirme Mme Labrie.

« J’ai eu l’occasion et le privilège de visiter la semaine dernière la maison agrandie et je peux vous assurer qu’on s’y sent bien. C’est un environnement qui offre la sécurité, la stabilité, l’intimité et qui va permettre à ces femmes de retrouver l’estime de soi qu’elles ont parfois perdue », souligne Vincent Caron, député de Portneuf.

Cette maison de deuxième étape permettra aux femmes d’entamer les démarches vers leur nouvelle vie. « C’est vraiment le service d’après, donc on demeure là à plus long terme, on a des projets de vie, on retourne à l’école, on va travailler. Elles peuvent rester là deux ou trois ans selon leur situation », explique la directrice générale de Mirépi maison d’hébergement.

« En même temps aussi on les protège, parce qu’on sait que la violence conjugale la séparation, c’est là qu’il y a le plus de dangers et que le conjoint réagisse. Donc, ce n’est pas parce qu’elle est venue quelques mois à Mirépi que la violence est finie. Alors elle peut être dans la maison de la deuxième étape et être en sécurité », renchérit-elle.

Près de 223 M$ pour mieux protéger les femmes

Parallèlement à l’inauguration virtuelle de la maison de la deuxième étape, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, annonçait en point de presse un investissement de 222,9 M$ sur cinq ans pour lutter et prévenir la violence conjugale et les féminicides.

D’ailleurs, l’une des principales mesures par le gouvernement est un financement additionnel de 92 M$ sur cinq ans pour les maisons d’aide et d’hébergement de première étape. « Ça va nous permettre d’avoir plus d’intervenantes et plus de services », se réjouit Martine Labrie.

Un féminicide par semaine

Depuis le début de l’année, ce sont dix féminicides qui se sont produits à travers la province. Une situation hors de l’ordinaire selon Mme Labrie. « Habituellement, dans une année normale, des féminicides on en a environ 12 et là on est à 10, donc [pratiquement] un par semaine. […] La violence est partout […] et je pense que ce qui arrive présentement avec toute l’histoire des règles sanitaires et de la pandémie le conjoint a plus de contrôle sur la femme. Elle a moins de moyens pour pouvoir sortir », mentionne-t-elle.

Présentement, aucun drame du genre n’est survenu dans la région, mais la directrice générale de la maison Mirépi constate une augmentation de la demande d’aide. « Dans Portneuf, ce que je peux dire pour nous, c’est qu’on reçoit plus de téléphones. On reçoit plus de demandes, on refuse plus de femmes », indique cette dernière.

« C’est sûr [qu’on a l’impression d’avoir sauvé des femmes]. Quand on parle avec elle on fait des scénarios de protection et on leur dit de ne pas se mettre en danger. On leur donne des moyens, des trucs et on leur dit aussi qu’il ne faut pas affronter [leur conjoint] », assure Martine Labrie.

Au cours de la dernière année, la maison Mirépi a accueilli 71 femmes, pour un taux d’occupation de plus de 96 %. En ce qui concerne les services externes, l’organisme est venu en aide à 88 femmes.

Photo: Le député de Portneuf, Vincent Caron , a eu la chance de visiter la maison de la deuxième étape. Crédit: Coutroisie, bureau de Vincent Caron député de Portneuf