Rivière Sainte-Anne: 1,8 M$ supplémentaire pour prévenir les inondations

Rivière Sainte-Anne: 1,8 M$ supplémentaire pour prévenir les inondations

SAINT-RAYMOND | Malgré les faibles risques d’inondation ce printemps, la ville de Saint-Raymond ne s’en voit pas pour autant indemniser pour les années à venir. C’est pourquoi la municipalité pourra poursuivre ses différentes mesures de prévention sur la rivière Sainte-Anne grâce à l’octroi d’une aide financière supplémentaire de 1,8 M$ du ministère de la Sécurité publique.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en a fait l’annonce le 7 avril dernier. Cette dernière n’a pas manqué de souligner la proactivité de la municipalité pour prévenir les inondations. « Je ne peux que saluer ces efforts de tous les instants de la part de la Ville de Saint-Raymond. […] À Saint-Raymond, la rivière Sainte-Anne nous a habitués à certains épisodes un peu plus corsés. […] Heureusement cette année, les scénarios s’annoncent quand même assez calmes et ça c’est très rassurant », fait savoir la ministre de la Sécurité publique.

« Saint-Raymond se positionne comme une pionnière sur de nombreux plans en matière de prévention des inondations au Québec. Nous avons développé une expertise unique en gestion des glaces sur la rivière. Beaucoup d’études et d’analyse ont été menées sur la rivière au cours des dernières années », souligne le maire de Saint-Raymond, Daniel Dion.

« À chaque fois qu’on ajoute (des démarches sur la rivière) nos experts nous disent qu’aujourd’hui ça nous a fait sauver peut-être 40% des inondations qui ont eu lieu à Saint-Raymond. Avec ce qu’on va faire là, peut-être qu’on va monter à 60-70 % » — rapporte, Daniel Dion, maire de Saint-Raymond

Saint-Raymond voit donc son aide financière bonifier à 4,2 M$ pour le cadre pour la prévention des sinistres du ministère de la Sécurité publique (MSP). L’entente totale entre le ministère de la Sécurité publique et la Ville est de 5,65 M$. La ministre Guilbault a également précisé que le programme prendra fin au 31 décembre 2021.

Rappelons que depuis 2014, les activités en matière de prévention des inondations se déroulent sur la rivière Sainte-Anne. La dernière opération qui a été effectué est l’installation de l’estacade flottante au kilomètre 24 de la rivière. « L’estacade de sapin, tout est encore intact. Ces glaces-là n’ont pas encore descendu elles vont fondre sur place au printemps c’est super pour nous », indique M. Dion.

Minimiser les impacts sur la rue Saint-Hubert

Parmi les premiers à subir les conséquences des crues printanières, les résidents de la rue Saint-Hubert seront heureux d’apprendre qu’une partie de la subvention allouée par le MSP servira à mettre en place un système antirefoulement pour l’émissaire de ce secteur.

Une structure de retardement des glaces à environ 7 km en amont du centre-ville fera également partie des mesures ciblées par la Ville.

La municipalité s’attaquera d’autant plus au haut-fond de la rivière, situé entre le pont de Fer et le pont Chalifour, secteur sur lequel les 28 caissons de drave ont été retirés en août dernier. « Il y a un endroit dans la rivière où il y a un haut fond où [lors] des dernières inondations, les glaces ont accroché dans le fond de la rivière. On veut l’arranger », explique le maire de Saint-Raymond.

L’opération en est encore à l’étape des plans et devis, mais une fois complétée, elle devrait avoir ajouté un mètre de profondeur supplémentaire au lit de la rivière.

Une « solution ultime »

Finalement, des études complémentaires pour le barrage de Chute-Panet seront réalisées. « À 5 km en aval de Saint-Raymond, ce barrage-là a été identifié pour gérer le niveau d’eau dans la rivière, qui serait très important pour gérer nos inondations », mentionne Daniel Dion.

La viabilité du barrage étant déjà déterminée l’an dernier, il ne reste plus à la municipalité à savoir quelles sont les actions à prendre pour l’améliorer. La Ville souhaite doter le barrage d’une vanne et rehausser le niveau de la rivière d’un mètre. « On va même regarder s’il n’y aurait pas moyen de construire une centrale hydroélectrique pour s’autofinancer », confie le maire de Saint-Raymond.

Pour l’instant, le projet en est encore à l’étape des plans et devis et de plus la Ville doit se porter acquéreur du barrage appartenant des intérêts privés. « Il y a encore d’autres interventions à venir, il faut acquérir le barrage et y faire des aménagements et ça ce sont des coûts très importants. C’est un peu la solution ultime qui va venir dans le futur », conclut-il.

Photo, crédit: Stéphane Pelletier