Une murale pour illustrer l’histoire de Saint-Raymond

Une murale pour illustrer l’histoire de Saint-Raymond

SAINT-RAYMOND | Après plus de trois ans à travailler sur son projet de murale, l’artiste Gino Carrier pourra enfin voir le fruit de son œuvre d’ici le mois d’octobre. Cette dernière représentera l’histoire et la vie de Saint-Raymond et sera installée sur le mur de l’aréna.

C’est à la suite de la réalisation de la murale mettant en scène Saint-Raymond dans les années 30, située dans la quincaillerie Home Hardware Jean Denis ltée, que l’idée d’un tel projet a germé dans la tête de Gino Carrier. « Pour le 175e [de Saint-Raymond] en 2017, dans l’année précédente des festivités, Sophie Denis du Home Hardware, m’approche pour savoir si je pouvais faire ça une peinture sur un mur [du magasin] », explique-t-il.

« J’avais plus le goût d’en faire une à l’extérieur pour qu’on puisse la voir en tout temps », indique l’artiste.

Dès lors, M. Carrier s’affaire à trouver l’endroit idéal pour installer son œuvre. J’ai commencé à aller voir de quelle façon je pourrais trouver des endroits spécifiques pour la monter. J’ai regardé du côté du parc Alban Robitaille, du côté du Pont-Tessier, du côté de la Forêt nourricière », mentionne-t-il.

Entre temps, l’artiste présente son esquisse de 12 pages au Centre multifonctionnel Rolland-Dion à la Ville. C’est sans hésiter que cette dernière décide d’embarquer dans le projet. « Dès le départ la Ville m’a dit qu’elle serait sûrement intéressée à l’installer sur le mur de l’aréna. Alors c’était merveilleux, parce qu’en me servant du mur je n’avais plus besoin de faire de montage indépendant [pour supporter l’œuvre], je pouvais l’accrocher directement sur le mur », souligne M. Carrier.

Installée en bordure du toit de l’aréna, l’œuvre sera également plus difficile d’accès pour d’éventuels vandalismes.

Des Hurons à la création de Saint-Raymond

D’une grandeur de 12 pi par 80 pi, la murale représentera l’origine du territoire de Saint-Raymond. « La murale va illustrer l’origine du territoire et son utilisation culturellement par les Hurons ensuite elle va faire place au développement communautaire comme les premières installations, l’agriculture, la foresterie, la chasse et la pêche et souligner aussi l’arpentage cadastrage des terres », fait savoir l’artiste.

« L’aspect villageois et l’aspect campagnard aussi parce que c’est encore une réalité chez nous. Une qualité de vie qui est proche de la nature », renchérit-il.

D’ailleurs, afin d’assurer l’authenticité et l’exactitude de son œuvre, M. Carrier a montré son illustration du village Huron à l’ancien chef de la Nation Huronne-Wendat Max-Gros-Louis. « Je l’ai approché au début du mois d’avril 2020 pour m’assurer qu’éthiquement parlant l’illustration du village historique Huron coïncidait historiquement avec la réalité. […] Il m’a fourni des idées pour finaliser éthiquement la présentation », précise l’instigateur de la murale.

Avant de passer aux coups de pinceau, l’artiste s’assurera que l’illustration fait l’unanimité. « C’est sûr qu’on va avoir un quorum, c’est-à-dire qu’on va s’approcher du conseil de Wendake quand on aura fait l’illustration finale [qui sera] acceptée aussi par le Conseil de ville de Saint-Raymond », ajoute M. Carrier.

Le produit final sera en trois teintes de bruns rehaussé de noir et de blanc. « Un peu comme un dessin à la plume, mais aquarellé », soutient-il.

Une vitrine de 20 à 25 ans

Afin d’assurer la pérennité de l’œuvre, la Ville a jumelé Gino Carrier avec un artiste de Baie-Comeau, qui a déjà conçu des projets similaires. « [Il] a fait des projets similaires avec le même genre de produit et qui, après plus de 20 ans, sont encore très beaux à Baie-Comeau. On s’est assuré d’avoir quelqu’un avec de l’expérience dans ce type de produit là aussi, parce que moi c’est la première fois que je fais ça à l’extérieur », confie M. Carrier.

Le mur de l’aréna étant situé plus au nord, les risques de décoloration par les rayons du soleil sont d’autant moindres ce qui permettra d’augmenter la longévité des couleurs.

Un engouement de la communauté

Si les mesures sanitaires de la Santé publique le permettent, Gino Carrier souhaite également que la population puisse le voir à l’œuvre lors du processus de création. « Avec la Ville, on a parlé de peut-être faire un événement ou deux pendant la préparation pour que les gens puissent me voir en train de travailler », dit M. Carrier.

À la fin de l’été, l’artiste a lancé une campagne de financement sur sa page Facebook histoire de tâter le pouls dans la communauté. « J’avais fait une levée de fond sur Facebook pour essayer de voir si le milieu communautaire était intéressé et s’il trouvait le projet emballant. Eh oui, effectivement, j’ai eu 22 contributions […], mais ce qui était intéressant c’était surtout de voir la mobilisation des gens qui disaient que ça [allait] être un beau projet au centre-ville, [qu’] on en a de besoin et que le coin du Pont-Tessier est un bel endroit et avec les prestations de chansons l’été, c’est merveilleux ! C’est vraiment un bel endroit désigné tout ça », estime-t-il.

« Ça risque d’être un moment assez fort à Saint-Raymond, les gens vont être fiers de ça. […] C’est fait par nous et pour nous et c’est une belle vitrine qui va durer des années », croit M. Carrier.

La murale sera aussi agrémentée d’un éclairage saisonnier et munie d’une zone WIFI. Cette dernière permettra au public de télécharger une baladodiffusion qui documente le processus de création de la murale.

En attendant la saison estivale pour entamer son œuvre, Gino Carrier continue le financement de son projet. Jusqu’à présent, ce sont une vingtaine d’entreprises et organismes qui appuient le projet de la murale en plus d’une subvention de 16 000 $ octroyée par le Conseil des arts et des lettres du Québec. « Il y a huit dossiers qui sont partis au niveau des entreprises […] je m’attends à avoir des réponses prochainement et elles sont toutes au courant de mes démarches depuis trois ans avec ce projet-là. Il m’en reste une quinzaine à distribuer. On va voir ensuite si on a atteint l’objectif qu’on voulait pour boucler la première partie du budget avec le Conseil des arts et des lettres du Québec », conclut l’artiste.

Photo, crédit: Courtoisie, Gino Carrier