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[VIDÉO] Installation de l’estacade flottante

[VIDÉO] Installation de l’estacade flottante

SAINT-RAYMOND |  C’est dans le cadre des mesures de prévention et de protection contre les inondations que la Ville de Saint-Raymond a procédé à la mise en place de son estacade flottante. L’opération s’est déroulée le 12 novembre dernier au kilomètre 24 de la rivière Sainte-Anne.

C’est la cinquième année que Saint-Raymond utilise cette installation, sur la rivière Sainte-Anne, afin de réduire l’accumulation de la glace au centre-ville. La méthode consiste à installer un câble auquel des sapins sont attachés et à laisser le tout flotter entre les deux rives de la rivière. On se sert ainsi des aiguilles des sapins comme d’un peigne afin de capter et d’amasser le plus de frasil possible. Cela accélère la formation du couvert de glace, au km 24, pour ainsi réduire la formation du frasil qui s’accumule dans le secteur urbain de la rivière.

L’installation de l’estacade flottante se fait en tirant un câble d’une rive à l’autre de la rivière. Crédit: Stéphane Pelletier

« La manière pour y arriver est de devancer l’hiver et les processus naturels de la rivière pour ainsi favoriser la formation d’un couvert de glace », explique Thomas Simard Robitaille qui est ingénieur junior en dynamique des glaces chez Environnement Nordique. Jusqu’à récemment, il était également étudiant, à l’Université Laval, avec le professeur titulaire Brian Morse qui est le concepteur de ce type d’estacade unique au monde.

Ce sont les aiguilles des 16 sapins de 15 pieds qui captent et retiennent le frasil. Crédit: Stéphane Pelletier

Un écran protecteur

Les 16 sapins ainsi attachés au câble, qui traverse la Sainte-Anne sur une largeur de 48 mètres, captent la majorité du frasil qui y descend. Peu à peu, un couvert de glace se forme et il n’y a plus de frasil qui s’écoule vers le centre-ville. « Après la formation des 100 premiers mètres de glace, les forces ne sont plus appliquées sur l’estacade flottante. Elles se répartissent sur les rives et cela permet de résister aux mouvements qui proviennent d’en haut », indique Thomas Simard Robitaille. Le but de créer un écran protecteur, pour le pour la zone urbaine, est alors atteint.

Depuis l’an dernier un seuil de roches contribue à rehausser le niveau de la rivière juste avant l’estacade. « Ce seuil vient ralentir la vitesse de l’eau et en augmenter son niveau. Quand le temps est calme, il y a un miroir de 700 mètres de rivière et cela est idéal pour capter le frasil », ajoute M. Robitaille. Il confirme que l’an dernier, les effets combinés du seuil et de l’estacade flottante, ont produit un couvert de 1,2 km de glace. Le plus surprenant, c’est que cela s’est fait en une seule nuit.

La combinaison du seuil et de l’estacade flottant permet de créer rapidement un couvert de glace, au kilomètre 24 de la rivière Sainte-Anne. Crédit : Stéphane Pelletier

Double utilité

Au printemps, cet écran protecteur va donc résister plus longtemps et contribuer à régulariser la descente des glaces. À ce moment, son rôle sera de créer un déphasage de la crue.  « Quand un train de glace descend la rivière, c’est une vague d’eau et un afflux de glace qui sont synchronisés. Le but est de retenir un peu plus longtemps la glace, au km 24, et de laisser passer l’eau. Au final, la vague qui arrive au centre-ville est beaucoup moins importante », expose M. Robitaille. L’an dernier, le couvert de glace était intact en amont du seuil alors que l’eau pouvait s’écouler librement en aval. Le processus a ainsi empêché l’accumulation de 120 kilotonnes de banquise. En distance, cela représente un mètre de glace de plus entre le débarcadère et le barrage-estacade.

« Ce seuil vient ralentir la vitesse de l’eau et en augmenter son niveau », explique Thomas Simard Robitaille. Crédit: Stéphane Pelletier

Même principe pour le barrage Estacade

La Ville de Saint-Raymond procède sensiblement à la même manœuvre au barrage Estacade situé au début du rang du Nord. Le but est également de créer, le plus rapidement possible, un couvert de glace afin d’empêcher l’accumulation du frasil dans la zone plus à risque de la rivière.

Photo principale: L’installation de l’estacade flottante se fait en tirant un câble d’une rive à l’autre de la rivière. Crédit: Stéphane Pelletier