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Agriculture: Ça ne pousse pas vite

Agriculture: Ça ne pousse pas vite

SAINT-RAYMOND | Beaucoup de chaleur et surtout, très peu de précipitation. Voilà les origines des inquiétudes de nombreux agriculteurs de la région ainsi que de toute la province. Le blé, le soya, le maïs, le foin ainsi que tous les autres fruits et légumes poussent plus lentement cette année.

Il s’agit de l’un des pires débuts d’été depuis longtemps avec très peu de précipitations dans les mois de mai et juin. Hormis le Lac-Saint-Jean qui semble être un peu épargné, c’est tout le réseau agricole du Québec qui est victime de la canicule. C’est ce que confirme Pierre Drolet, de la Ferme Drolet & fils à Saint-Raymond. En 63 ans de métier, c’est la première fois qu’il voit un printemps comme celui-ci.

Normalement, il n’y a pas de gros coup de chaleur en plein mois de mai. La combinaison de la chaleur et le manque d’eau engendre la sécheresse, ce qui fait en sorte que les plantes se protègent en stoppant leur croissance.

Le foin, qui sert à l’alimentation des bêtes comme les vaches et les chevaux, est l’une des premières victimes de ce cycle. Normalement, les agriculteurs le récoltent trois fois par année et la première coupe se fait aux alentours du 25 juin.

Une perte importante

Cette fauche est souvent la plus importante, car elle représente 60 % de la production annuelle. Évidemment, le foin pousse plus vite au printemps en raison de la fonte des neiges. La canicule de cette année a pour effet de diminuer de 50 % la production et, selon les fermes et les régions, ce chiffre peut aller jusqu’à 65 %.

Tout cela affecte déjà le prix du foin qui a pratiquement doublé depuis l’an dernier. « Si ton champ te donne juste 50 %, tu ne peux plus vendre au prix de l’an dernier parce qu’il faut quand même prendre en compte les engrais et la machinerie », explique M. Drolet.

L’inquiétude se propage aussi chez les éleveurs de bétails et les fermes équestre, car il faut bien nourrir les animaux. À titre d’exemple, une entreprise qui vendait 375 balles à un commerce l’an dernier n’en a plus que 100 à lui proposer cette année.

Plusieurs se sont déjà tournés vers d’autres régions et d’autres provinces pour compenser le manque. De Rimouski jusqu’au Manitoba, tout est bon à prendre mais, à cela, s’ajoute le coût du transport. En compagnie de la COVID-19, du manque de personnel, de la diminution des revenus et de la baisse du tourisme, c’est un nouveau problème pour toute l’industrie. Il y aura une deuxième et une troisième coupe de foin durant l’été, mais rien de comparable à la première. Une situation qui risque de s’aggraver si la pluie n’est pas au rendez-vous.

Même son de cloche pour les légumes

Il en va de même chez les producteurs de légumes. Les consommateurs risquent donc d’en voir moins qu’à l’habitude et de plus petite taille dans les kiosques des fournisseurs locaux. D’ailleurs, quelques variétés ont un retard de deux semaines, dont le maïs. La pluie sera un facteur déterminant à sa croissance. Reste tout de même que le produit final sera sûrement plus petit que les années précédentes.

Pour certains producteurs, il est possible de compenser à l’aide de l’irrigation, de l’arrosage ou de l’utilisation de bâches pour conserver l’humidité. Encore une fois, cela engendre des coups supplémentaires de manipulations et d’entretiens.

Photo d’en-tête: Le prix d’une grosse balle de foin peut aller jusqu’à 100$ l’unité. Crédit: Stéphane Pelletier

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