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Maternelle 4 ans : Choisir en toute connaissance de cause

Maternelle 4 ans : Choisir en toute connaissance de cause

À quelques jours du début de la période d’inscription à la maternelle quatre ans, qui s’étendra du 11 au 20 mars dans Portneuf, le Centre de la petite enfance (CPE) Le Kangourou a cru bon rencontrer les médias pour parler des nombreuses questions qu’il se pose à propos de ce projet controversé du gouvernement Legault.

Selon Nathalie Larochelle, directrice générale de ce CPE qui a des installations à Pont-Rouge et Neuville, les parents sont « les mieux placés » pour décider de ce qui bon pour leurs petits. Cela dit, elle pense que tous devraient se poser d’importantes questions « avant de lever la main pour inscrire leur enfants à la maternelle 4 ans » à temps plein.

En point de presse, on retiendra d’emblée que Mme Larochelle a rappelé que l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (2017) a révélé que la maturité affective et émotionnelle de ces derniers est un de leurs « domaines les plus vulnérables ». Elle se demande donc si c’est « en devançant l’entrée à l’école d’une année que la maturité des enfants sera améliorée ».

Par ailleurs, celle qui souhaite qu’on « laisse aux enfants le temps de vivre leur enfance » a dit se poser plusieurs questions d’ordre pratique. Est-ce que les enfants de quatre ans sont plus en sécurité dans un siège d’auto ou dans un autobus scolaire? Les jeux des cours d’école sont-ils adaptés pour eux? À l’école, qui pourra venir en aide aux jeunes de quatre ans chez qui la propreté pose toujours problème?

Toujours selon la directrice générale du CPE La Kangourou, les parents qui veulent faire un choix éclairé doivent se poser bien d’autres questions. Quels services seront offerts aux petits de quatre ans l’été et lors des nombreux autres congés qui jalonnent le calendrier scolaire? Quel ratio répond le mieux au besoin de leur petit? Celui de 1/6 en milieu familial, de 1/10 en installation ou de 1/17 en classe de maternelle quatre ans?

Il importe aussi d’ajouter que Nathalie Larochelle s’est montrée peu impressionnée par l’idée que des éducatrices se retrouvent à la barre de classes de maternelle quatre ans. Considérant la pénurie de main-d’œuvre observée dans les CPE et considérant aussi que « le politique se plaît à dire […] que la formation des enseignantes qui détiennent un BAC est supérieure à la formation des éducatrices en CPE », elle soutient carrément que cette avenue « ne tient pas la route ».

Enfin, s’il est un dernier point qu’on retiendra de l’intervention de Mme Larochelle, c’est qu’elle a tenu à répondre à ceux qui « prétendent que les CPE craignent de perdre les enfants de quatre ans » pour des raisons financières. Comme ceux-ci représentent actuellement « moins de 15 % des enfants en attente d’une place pour le CPE Le Kangourou », a-t-elle expliqué, la survie de l’organisation qu’elle dirige n’en dépendrait pas.

La parole aux parents

Toujours en point de presse, c’est d’une même voix que trois parents, qui sont aussi administrateurs du CPE Le Kangourou, ont affirmé qu’une importante réflexion s’impose pour quiconque veut prendre « la bonne décision » en ce qui a trait à la maternelle quatre ans à temps plein.

Voilà d’ailleurs pourquoi Julie-Anne Perreault, Simon Sheehy et Marilaine Gagné ont tous signé la pétition « Opposition au projet de déploiement universel des maternelles 4 ans et valorisation des services éducatifs à la petite enfance ».

Simon Sheehy est président du Centre de la petite enfance Le Kangourou.

Si le CPE Le Kangourou a jusqu’ici recueilli 400 signatures pour cette pétition, sachez qu’à l’échelle provinciale, elle a été signée par plus de 30 000 personnes sur le site Web de l’Assemblée nationale.

Rencontre avec Vincent Caron

Bien entendu, le député caquiste Vincent Caron est de ceux qui défendent le déploiement universel des maternelles quatre ans. Selon lui, ce « projet de société », bien qu’il doive toujours être « peaufiné », a le mérite d’offrir un choix de plus aux parents. C’est sans compter, a-t-il répété, qu’il permettra de dépister de manière précoce les enfants ayant un retard de développement.

Si M. Caron nous a confié soutenir la mission des CPE, il nous a également dit déplorer le fait que ces derniers voient d’un mauvais œil la réalisation de la promesse électorale de la CAQ voulant que la maternelle quatre ans soit offerte à tous d’ici cinq ans.

On devine donc que de vives discussions attendent le député et les porteurs du CPE Le Kangourou qui ont convenu de se rencontrer, le lundi 11 mars.

La maternelle 4 ans dans Portneuf

Dans Portneuf, soulignons finalement que la Commission scolaire de Portneuf, qui offre déjà la maternelle quatre ans à temps plein à Rivière-à-Pierre, étendra ce service aux écoles primaires de Donnacona, Saint-Marc et Saint-Alban dès septembre prochain. Il est à noter que cette nouvelle offre de service pourra varier selon inscriptions reçues.

Photo à la une : Nathalie Larochelle, directrice générale du Centre de la petite enfance Le Kangourou

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