Une relance nécessaire pour la Coop des viandes

Après avoir connu un bon départ, la Coopérative de solidarité de transformation des viandes de Portneuf, qui a été inaugurée en 2010, a vu décroître son nombre de producteurs membres de manière importante. Alors qu’ils étaient vingt-trois à ses débuts, ils ne sont plus que neuf en ses rangs. Un plan de relance a donc été développé pour que l’entreprise renoue avec la rentabilité.

C’est dans les locaux de la Coop des viandes que Carole Marcotte, secrétaire-trésorière, a choisi de présenter les résultats de la phase 1 du plan de relance. Cette dernière, a-t-elle d’emblée mentionné, était principalement axée sur la refonte de l’image de la coopérative et la bonification de ses communications. Pas moins de 10 000 $ ont été investis dans ce projet par le député Michel Matte, la Caisse Desjardins de l’Ouest de Portneuf et la MRC de Portneuf.

Depuis l’automne 2016, a précisé Mme Marcotte, ses collègues et elle se basent sur un nouveau plan de communication pour rejoindre un maximum de producteurs agricoles et de chasseurs « qui pourraient être intéressés à bénéficier des services de découpe et de transformation des viandes à tarifs avantageux ». Le vieillissement des carcasses et la congélation comptent aussi parmi les services qui leur sont offerts.

La mise en ligne d’un nouveau site Web, la distribution d’encarts et l’achat de publicité dans les journaux, entre autres outils promotionnels, étaient au coeur de la première phase de relance. La Coop des viandes soutient que ses efforts ont porté leurs fruits, car plusieurs nouveaux chasseurs ont répondu positivement à son appel.

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On peut visiter le site Web de la coopérative au www.coopdesviandes.com.

Cela étant dit, comme la rentabilité de l’entreprise passe principalement par la découpe de 60 000 livres de viande annuellement et qu’elle en a traitées 30 000 cette année, vous comprendrez que les responsables ont toujours du pain sur la planche. « Le démarchage pour le développement de nouvelle clientèle se poursuit de façon continue », nous a d’ailleurs confirmé Carole Marcotte. En 2010, rappelons que la coop pensait faire la découpe de 150 000 livres de viande par année.

L’important pour la coopérative, nous a-t-on dit, n’est pas nécessairement d’avoir plus de membres. C’est certes intéressant pour elle, mais c’est la quantité de viande débitée et transformée qui importe le plus. Concrètement, le débitage de six bêtes de 500 livres de plus par semaine la remettrait sur ses rails.

Enfin, toujours au sujet des membres, sachez que leur nombre aurait notamment chuté de manière importante en raison de la cessation des activités de certains producteurs et d’une faillite. Par ailleurs, plusieurs membres n’auraient pas souhaité ou pu réinvestir dans la coopérative.

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La Coop des viandes se trouve au 181, chemin du Roy, à Deschambault-Grondines.

En ce qui a trait à la boutique de la Coop des viandes, où cette dernière faisait de la vente au détail, elle a fermé ses portes au début de l’année dernière. Si les administrateurs ont pris cette décision dans le but de « consolider les services reliés à la mission première » de l’organisation, ils espèrent que la seconde phase du plan de relance permette la mise en place d’« une méthode de commercialisation des productions locales ». Viandes, légumes, œufs et produits transformés pourraient alors se retrouver sur le marché grâce à la collaboration des producteurs régionaux.

Parlant de cette deuxième phase, mentionnons qu’elle pourrait voir une ressource évaluer les besoins régionaux et ainsi permettre à la coopérative de mieux orienter ses prochaines actions. Les administrateurs décideront en assemblée générale annuelle, le 23 mai venu, s’ils souhaitent aller dans cette direction.

Des partenaires essentiels

« Sans la contribution et les encouragements de généreux donateurs, a expliqué Carole Marcotte, la phase 1 du plan de relance de la coopérative n’aurait pu avoir lieu ». Elle a donc tenu à souligner l’appui de trois partenaires majeurs, soit le député Michel Matte, la Caisse Desjardins de l’Ouest de Portneuf et la MRC de Portneuf. Ils ont respectivement investi 1 000 $, 3 000 $ et 6 000 $ dans ce projet. Cela s’ajoute, entre autres, aux quelque 500 000 $ qui avaient été investis par différents partenaires au moment de l’inauguration de la coop.

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Gaston Arcand, maire de Deschambault-Grondines, est entouré de Carole Marcotte, secrétaire-trésorière de la Coop des viandes, et de Michel Matte, député de Portneuf.

En point de presse, Michel Matte s’est montré confiant que la relance fonctionnera. Selon lui, la nouvelle Politique bioalimentaire du Québec et la présence de trois marchés publics dans la région ne peuvent que contribuer au nouvel élan qu’espère la coop.

Quant à Gaston Arcand, maire de Deschambault-Grondines, où se trouve la coop, il a dit croire que cette dernière est « un équipement très important ». C’est effectivement le seul dans la région, les autres du même genre se trouvant à Lévis et Saint-Luc-de-Vincennes.

Photo principale : Carole Marcotte, secrétaire-trésorière de la Coop des viandes de Portneuf