Avenir du patrimoine religieux : Un guide en dix étapes pour transformer nos églises

« À l’heure des grands réaménagements paroissiaux rendus nécessaires par les différents défis modernes qui modifient la dynamique des lieux de culte, lit-on sur le site Web de la MRC de Portneuf, des réflexions locales et régionales s’imposent pour assurer la pérennité [du patrimoine religieux] ». Tout un travail attend donc les communautés de la région pour qui, heureusement, un outil d’accompagnement a été développé.

Il y a peu de temps, c’est avec fierté que la MRC de Portneuf a dévoilé qu’elle avait créé un guide en dix étapes qui facilitera la tâche de ceux qui auront à élaborer un projet de changement de vocation d’église. Le guide, qui permet aussi de démystifier certains éléments de droit canonique, propose des outils de communication de même que des modèles d’entente de partenariat.

L’occasion étant bonne de le faire, mentionnons que ce n’est pas d’hier que l’avenir du patrimoine religieux de notre coin de pays préoccupe la communauté. « Dès les années 1990, rappelle la MRC de Portneuf, le Comité multisectoriel du patrimoine religieux de Portneuf s’afférait à concerter le milieu sur cet enjeu ».

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Le pont et l’église de Saint-Casimir (Photo : Gaétan Genois)

Dans la foulée de cette concertation, le Diocèse de Québec, le ministère de la Culture et des Communications et la MRC de Portneuf ont adopté, en 2002, la Politique conjointe de soutien à la sauvegarde des églises de Portneuf. S’ensuivit la première évaluation patrimoniale des églises de la région et la reconnaissance de notre patrimoine religieux au Schéma d’aménagement et de développement de la MRC de Portneuf.

Le guide, c’est intéressant de le préciser, découle d’une initiative de concertation amorcée en 2012 sous l’appellation « Nos clochers, notre région ». Les responsables l’ont adapté d’un document produit par la MRC de Kamouraska et le Diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Pour plus d’information sur le guide et la boîte à outils évolutive qui vient avec, rendez-vous au www.portneuf.ca/amenagement-territoire/avenir-patrimoine-religieux-portneuf.

Au-delà des bâtiments

Qu’elles aient ou non un intérêt patrimonial national comme celles de Grondines, Deschambault, Cap-Santé et Neuville, les églises de la région, soutient avec justesse la MRC de Portneuf, « ont toutes une valeur communautaire et identitaire ». Voilà qui explique pourquoi leur préservation et la recherche de nouveaux usages permettant d’en assurer la pérennité la préoccupent depuis longtemps.

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L’église de Deschambault est l’une des plus belles de la région. (Photo : Gaétan Genois)

Face au nombre décroissant de pratiquants, aux difficultés financières des fabriques et aux ressources pastorales décroissantes, la MRC de Portneuf a voulu que « des solutions viables qui correspondent à des spécificités propres à chacune des communautés » soient développées.

Cela étant dit, ceux à qui on doit le guide espèrent que les communautés portneuvoises sauront faire équipe face aux défis qui attendent plusieurs d’entre elles. Si on souhaite « répondre à une planification intégrée », peut-on lire sur le site de la MRC de Portneuf, « il nous faut oublier l’esprit de clocher pour acquérir l’esprit des clochers ».

Des exemples près de chez-nous

Dans Portneuf, deux églises ont changé de vocation en tout ou en partie. Alors que l’église Saint-Jean-Baptiste a été désacralisée puis transformée en « un lieu de rassemblement unique en son genre » par l’équipe du Relais de la Pointe-aux-Écureuils (cet OBNL est maintenant propriétaire de l’église), l’église de Neuville, elle, est visitée par les pratiquants et les membres de la bibliothèque qui y a été aménagée.

Enfin, la chapelle de Lac-Sergent, dont la vocation communautaire se définit actuellement, fait désormais partie de l’actif municipal. Ce lieu de culte et son parc devraient être animés au fil des interventions du nouveau Comité de la Chapelle.

Photo principale : L’église de Saint-Raymond et sa statue dorée