Saint-Raymond : nouvelle soirée d’information sur la rivière

Avril 2014. La rivière Sainte-Anne inonde la ville jusqu’au pied de la Côte Joyeuse. C’est la « goutte qui a fait déborder le vase ».

Sujet vaste et complexe s’il en est, le sujet de la rivière était au coeur même de la soirée d’information de mardi dernier au Centre multifonctionnel, auquel ont assisté plus d’une centaine de personnes.

La rivière Sainte-Anne inonde le centre-ville, et son Bras du Nord inonde le côté nord et il faut aussi s’en protéger.

Ce sont justement ces mesures de protection et d’atténuation qui ont été décrites et expliquées par un panel d’experts, notamment les chercheurs de l’Université Laval, Brian Morse et Brian Turcotte. Leur mandat se terminera éventuellement, et les deux ont donné un aperçu du livre de recommandations finales qu’ils soumettront au terme de leur programme de recherche avec la Ville.

Le coupable bien identifié depuis le début est le frasil qui s’accumule dans la rivière au centre-ville et fait obstacle au courant dans un secteur qui a déjà très peu de dénivellation. Il faut donc éviter qu’à chaque début d’hiver, la rivière devienne « une usine à frasil ».

Parallèlement à l’inondation de 2014 et à la formation du Comité Rivière, un partenariat est établi avec l’Université Laval, la CAPSA et le ministère de la Sécurité publique afin de mener une étude exhaustive sur le sujet.

Au jeu des essais et erreurs, on met diverses mesures de l’avant. Bris préventif du couvert de glace, désenrochement sous le pont, mesures barymétriques, injection d’eau tempérée dans la rivière, sont parmi ces mesures.

On essaie également d’utiliser un fil chauffé, et de l’air chaud, mais c’est finalement l’injection d’eau tempérée qui s’avère efficace, faisant fondre 117 tonnes de frasil quotidiennement. Il y en a actuellement 230 000 tonnes dans le centre-ville, selon MM. Morse et Turcotte. Ce chiffre est comparable à la moyenne des 40 dernières années.

Au début de l’hiver 2016, des opérations servent à favoriser la formation d’un couvert de glace en amont du barrage estacade. L’utilisation des vannes du barrage estacade et l’installation d’une estacade flottante à 24 km en amont dans le rang Saint-Mathias sont des mesures qui semblent efficaces. L’objectif est évidemment d’éviter une trop grande accumulation au centre-ville.

En avril 2017, la rivière est à l’eau libre. En début d’hiver, on répète les opérations des estacades fixe et flottante. Il faut toutefois relever le niveau de la rivière en amont de l’estacade flottante pour en assurer l’efficacité, grâce à l’enneigement à l’aide de canons à neige. Éventuellement, un seuil rocheux permanent pourra faire le même travail, mais il faudra l’accord du ministère de l’Environnement.

Outre l’estacade flottante et son seuil rocheux, Brian Morse propose notamment une estacade en peigne à la hauteur de la passerelle multifontionnelle, l’utilisation d’une plaine inondable pour y détourner l’eau des crues, des vannes amovibles plus simples d’utilisation et une solidification du barrage estacade, la poursuite de l’injection d’eau chaude dans la rivière, la reconstruction du barrage de Chute Panet avec une vanne d’évacuation beaucoup plus grande.

Selon le maire Daniel Dion, le remplacement du barrage de Chute Panet coûterait entre 6 et 7 millions, mais pourrait se financer grâce à l’installation d’un pouvoir hydroélectrique.

Pour ce qui est du Bras du Nord, les chercheurs proposent l’installation d’une digue sur le pourtour nord du village Sainte-Marie, qui empêcherait l’eau de se rendre dans les rues et les sous-sols.

Période de questions

La période de questions a donné lieu a des commentaires et des informations divergentes par les personnes qui se sont présentées au micro, comme c’est toujours le cas autour des discussions d’un sujet aussi complexe et émotif. Plusieurs ont tenu à féliciter les gens concernés pour les interventions menées à date.

À la question de savoir s’il faut privilégier une intervention au barrage estacade ou à celui de Chute Panet, Brian Morse est catégorique, « les deux sont nécessaires », dit-il.

Digues, instruments de mesures et de surveillance, recherche de sources d’eau dans le sous-sol à proximité de la rivière, impacts des changements climatiques, ont fait partie des informations et des discussions.

En terminant, deux chiffres qui parlent d’eux mêmes : Saint-Raymond a subi 70 inondations en 100 ans depuis 1893; si l’on répartit le chiffre sur les années, les inondations coûtent en moyenne 930 000 $ par an à la Ville.

Pour se tenir informé et averti : site web de la Ville, message enregistré sur l’état de la rivière au 418 337-2202 poste 8, abonnement à l’alerte téléphonique, composition du 911 en cas d’urgence.