Grosse Bûche 2017 : le retour aux racines se confirme

Du 8 au 10 septembre s’est déroulée à Saint-Raymond la 40e édition de la Grosse Bûche. Pour une deuxième année consécutive, le festival opère un retour aux fondamentaux.

Une fête populaire, à taille humaine, qui attire des participants de Saint-Raymond et d’ailleurs venus se réunir autour du thème de la forêt : c’est dans cet esprit que s’est à nouveau inscrit l’événement cette année.

Les organisateurs ont tenu à se rapprocher de ce qu’était le festival à ses débuts, tout en gardant l’âme du rassemblement. « On est vraiment revenu à un festival forestier, qui illustre l’identité de Saint-Raymond, une ville liée par son passé et son présent à la forêt », explique Mathieu Morasse, président de la Grosse Bûche.

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Mathieu Morasse, président de la Grosse Bûche.

Cette année, l’ensemble des activités ont été regroupées sur la place de l’église, et l’accès était gratuit.

Un volet important a été consacré sur la démystification du milieu forestier et de la valorisation de la forêt. En ce sens, le festival s’est associé à l’Association forestière des 2 rives (AF2R). Plusieurs écoles spécialisées étaient présentes parmi les nombreux exposants du Village forestier.

En ce qui concerne les familles, celles-ci étaient à l’honneur pour cette 40e édition et de nombreuses activités leur étaient consacrées : atelier de fabrication de masque en écorce, maquillage, mini-ferme, jeux gonflables et présence du célèbre buffle « Matt Leboeuf ».

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La mini-ferme.

Au centre multifonctionnel, qui jouxte la place, une dizaine d’artisans ont exposé leurs œuvres. Le dimanche, ils ont rejoint les exposants du Marché public.

Tout au long de l’événement, les festivaliers ont pu apprécier autant de la musique traditionnelle que du bluegrass en passant par un spectacle hommage aux Beatles et de la musique plus populaire avec des chansonniers locaux.

Compétitions forestières

Clou du festival, les compétitions forestières ont attiré de nombreux curieux venus admirer les prouesses techniques de bûcherons, qu’ils soient amateurs ou professionnels.

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Les compétitions forestières ont rencontré un franc succès.

Il était possible de participer aux compétitions en équipe (olympiades) ou en solo (les défis du bûcheron). L’une des épreuves consistait à effectuer quatre encoches autour d’un billot avec une scie à chaîne. L’objectif était d’obtenir le plus petit diamètre possible au centre des encoches, et ce, sans que le haut du billot tombe. Le tout sous les hourras de la foule.

À n’en pas douter, cette édition 2017 qui avait pour thème « Une forêt qui nous rassemble » réunira encore de nombreux festivaliers dans les années à venir.


Portraits d’exposants

Parmi les différents exposants de l’édition 2017 de la Grosse Bûche se trouvaient Martial Grenon, professeur à l’École de foresterie de Duchesnay et Mathieu Gotti, sculpteur sur bois.

Martial Grenon

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Le kiosque de Martial Grenon attire rapidement l’œil : sur des tables sont posés de nombreux spécimens de champignons qui s’attaquent au bois, dont certains impressionnent par leur taille.

M. Grenon enseigne l’aménagement de la forêt et se spécialise notamment en abatage et en pathologie forestière.

Cela fait maintenant 27 ans qu’il travaille à l’École de foresterie de Duchesnay. Outre l’aménagement de la forêt, on y enseigne notamment la récolte et la transformation du bois, ou bien la protection et l’exploitation de territoires fauniques.

Selon l’enseignant, la demande en main-d’œuvre est forte dans le secteur de la foresterie. « À la sortie de l’école, le taux de placement s’élève à 100 % », fait-il savoir.

Les techniques ont beaucoup évolué. « Les inventaires forestiers dans le résineux du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs se font avec une couverture aérienne par infrarouge », explique M. Grenon.

Le spécialiste du secteur de la forêt a déjà participé plusieurs fois à la Grosse Bûche. Cette année, il a importé de France l’une des épreuves des défis du bûcheron, qui a remporté un beau succès. « Je suis allé à la fête des métiers de la forêt qui se tient dans le village de La Sauvagère, précise Martial Grenon. C’est là que j’ai vu cette épreuve dont le but est d’obtenir la pointe la plus petite après avoir entaillé un billot qui ne doit pas tomber. »

Pour connaître tous les détails concernant les programmes offerts par l’École de foresterie de Duchesnay, rendez-vous sur le www.ecoleduchesnay.com.

Mathieu Gotti

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Au centre de la place de l’église se trouve une grotte avec une statue de la Vierge Marie réalisée voilà quelques années par Mathieu Gotti. L’artiste a installé son stand pas très loin, et travaille à la scie à chaîne sur une imposante sculpture de loup.

« Cela fait au moins une quinzaine d’années que je travaille le bois, raconte-t-il. Avec mon père, on ramassait les pieds d’arbres dont les scieries ne voulaient pas, car ils sont gorgés d’eau. »

Diplômé de la Maison des Métiers d’Arts de Québec, Mathieu Gotti vit sa passion à plein temps depuis 2009. Il possède un atelier à Saint-Léonard-de-Portneuf, ainsi qu’un autre à Québec.

L’artiste expose ses œuvres lors de diverses rencontres à travers tout le pays. Il s’inspire notamment du monde animal et aborde la question du changement climatique avec une touche humoristique.

Parmi ses sculptures, un ours polaire est équipé de flotteurs pour enfants. Mathieu Gotti explique : « Les animaux sont coincés avec nos problèmes. Vu qu’il leur a fallu des milliers d’années pour s’adapter à un milieu naturel qui est en train de disparaître, il ne leur reste plus, entre guillemets, que des solutions bancales. »

Même s’il expose ses oeuvres aux quatre coins du Canada, le sculpteur apprécie toujours autant revenir à la Grosse Bûche. « Il y a vraiment un très bon accueil ici à Saint-Raymond », note M. Gotti.

Pour en savoir davantage sur l’artiste, son travail et ses dates d’exposition, consultez le site Web mathieugotti.wordpress.com.