Lac-Sergent : la population rejette le projet d’égout collecteur

Lac-Sergent : la population rejette le projet d’égout collecteur

C’est dans une proportion de 58,8 % que les citoyens de Lac-Sergent qui ont voté dans le cadre d’un sondage, ont rejeté le projet d’égout collecteur qui leur était proposé. L’annonce en était faite ce matin à l’hôtel de ville par le maire René-Jean Pagé accompagné des autres membres du conseil, soit les conseillers André Métivier, Hélène Michaud, Mario Émond et François Garon.

Rappelons que le projet d’égout collecteur visait à trouver une solution au problème de dégradation des eaux du lac Sergent. Le coût en était de 14 M $, subventionné au tiers par le programme FEPTEU du gouvernement du Québec.

Des 419 résidents concernés par le programme, 350 ont exercé leur droit de vote. Un total de 206 voteurs se sont prononcés pour le non, alors que 141 ont voté en faveur du projet. Trois bulletins ont été rejetés.

La question des coûts a fait pencher la balance en faveur du non. Une demande de subvention dans le cadre du programme Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU) a obtenu une réponse favorable, mais à hauteur de 4,5 M$, soit environ un tiers du coût total dont le reste devait être assumé par les citoyens.

Si la subvention avait représenté 83 % des coûts comme il aurait été souhaitable, la réponse au sondage aurait pu être différente, c’est du moins ce que croient les conseillers qui se sont opposés au projet.

Le hic, c’est que le programme FEPTEU ne permet pas d’accorder des subsides aux résidences secondaires, qui constituent un fort pourcentage du milieu bâti de Lac-Sergent, par rapport aux résidences principales. On considère en effet comme un luxe le fait d’avoir une deuxième propriété.

Pour le principal opposant au projet, le conseiller François Garon, « les résultats sont évidents, sans équivoque, et s’expliquent par eux-mêmes. On va s’asseoir pour une rencontre en mai et on va passer à autre chose ».

Pour M. Garon, Lac-Sergent « n’a pas les moyens collectifs de se payer un beau projet comme ça, c’est une question de finances municipales ». Les grands raisons qui ont motivé son opposition : « On ne rejoignait pas les gens de Sainte-Catherine et de Saint-Raymond qui sont dans le bassin versant et on n’avait pas de subvention ».

Les conseillers Métivier et Émond s’opposaient également au projet. André Métivier croit que la subvention n’était pas assez généreuse et craint les dépassements de coûts qui auraient pu subvenir face à un projet différent de celui présenté au FEPTEU, soit un système gravitaire par rapport au système à pression. En outre, le fait de construire en montagne aurait pu amener des coûts supplémentaires, difficile à absorber pour une petite ville.

« Vox populi vox dei » s’est exclamé le conseiller Mario Émond, qui avait également retiré son appui au projet devant « la grande faiblesse de la subvention ».

Profondément déçue, la conseillère Hélène Michaud est celle qui a mené ce projet depuis une douzaine d’années. « Je suis toujours convaincue que le réseau d’égout était la meilleure solution », a-t-elle déclaré. Mme Michaud accuse le comité d’opposition d’avoir fait de la désinformation, et le conseil de ville d’un « manque d’information volontaire face aux autres alternatives et aux coûts afférents, ce qui aurait permis aux citoyens de prendre une autre décision ».

« Les solutions individuelles sont complexes et coûteuses en 2017, poursuit-elle, et coûteront 16 M$ globalement pour les citoyens. Plusieurs auront à mettre des installations qui coûteront très cher et qui devront obligatoire être renouvelées au bout de 20 ans ».

« Il ne faut pas faire peur aux gens, a répliqué François Garon, ce n’est pas vrai que tout le monde va devoir se faire poser une fosse à 25 000 ou 30 000 $. On respecte la volonté des citoyens et on passe à autre chose. Mais ça ne veut pas dire qu’on fera rien ».

La Ville devra donc mettre sur pied son plan B quant aux solutions à adopter pour sauver le lac. « Mais on ne pourra pas régler toute la problématique des fosses septiques d’ici quelques mois », a dit le maire Pagé. La Ville entend dont y aller de façon stratégique, par secteurs puisque certains sont plus urgents que d’autres ».