Lac-Sergent : le point sur le projet d’égout collecteur

Samedi dernier, le conseil de Lac-Sergent invitait la population à une assemblée d’information destinée à faire le point sur le projet d’égout collecteur. Notamment, l’ingénieur-conseil Marc Plamondon a présenté un projet préliminaire de l’ordre de 14 M$, présentation suivie de celle de Sylvain Potvin, CA de la firme comptable Bédard Guilbault qui est venu préciser quelles seraient les répercussions directes sur le compte de taxes.

D’autres présentations ont aussi eu lieu, dont celle du Comité citoyen pour d’autres solutions (CCAS), qui faut-il le dire a été très applaudie.

Revenons à la présentation de l’ingénieur Marc Plamondon. Carte à l’appui, M. Plamondon a décrit le système proposé, qui s’étendrait sur 11 kilomètres, et comprendrait neuf stations de pompage et une usine de traitement. Le coût des travaux comme tels se situeraient entre 10 et 11 millions, ce à quoi s’ajouteraient divers frais professionnels et évidemment les taxes, pour un coût total estimé à 14 millions.

Le système gravitaire par rapport au système sous pression évite l’installation de pompes dans chacune des 360 résidences, le pompage des matières se faisant grâce aux neuf stations de pompage. L’usine de traitement des eaux se trouverait aux limites de Lac-Sergent et Saint-Raymond. Les secteurs Chemin de la Montagne et Chemins des Pins, de même que le secteur du Vieux-Chemin et de la résidence des frères ne seraient pas inclus dans le réseau. La construction du réseau dans ce dernier secteur s’avère trop complexe et comprend peu de résidences de toute façon.

La présentation de l’ingénieur-conseil a été suivie de celle de Gilles Robitaille, du Comité de construction. Ce comité mis en place en juin 2015 par résolution du conseil de ville comprend sept membres sous la présidence du conseiller municipal Mario Émond. L’un des points de son mandat était de procéder aux appels d’offres des professionnels chargés de concevoir et réaliser les travaux.

« De la solution individuelle à la solution collective, une condition s’impose, a-t-il déclaré, soit de réduire au maximum les apports de phosphore et d’azote au plan d’eau ».

« La gestion de eaux privées est soumise au décret Q2r22, poursuit M. Robitaille, et la réglementation actuelle se limite uniquement à des considérations de santé publique telle que la protection des sources d’eau potable, rien de plus », ajoutant que ce règlement est en révision, et bien qu’il offrira de nouvelles solutions, le règlement en question se resserre.

Selon son argumentaire, les systèmes autonomes ne sont pas adaptés à la situation du lac, puisque la rétention de phosphore n’est que temporaire et une fois le sol saturé, il « relarguera le phosphore », explique-t-il. Selon lui, peu de terrains autour du lac auraient un sol apte à la rétention du phosphore. Les systèmes ne permettraient pas non plus l’enlèvement complet de l’azote.

Les mandats pour l’égout collecteur ont été confiés à CIMA+ et au chargé de projet Marc Plamondon. Bien que le rapport d’étape préliminaire du printemps 2016 indiquait des coûts plus élevés qu’anticipé, cette hausse a été atténuée par l’octroi annoncé du programme gouvernemental FEPTEU, ce qui ramenait le coût par résidence à celui anticipé. Suite à une étude, le choix du réseau gravitaire permet notamment un coût de raccordement moins élevé pour les résidences, en plus de permettre la réfection du réseau routier, considéré en décrépitude, tout le long du parcours.

La subvention du programme FEPTEU exige la fin des travaux avant le 31 mars 2018, mais Gilles Robitaille croit qu’un délai pourrait être demandé et accepté comme cela a été le cas pour d’autres municipalités.

Tout cela à un coût, d’où la présence du comptable agréé Sylvain Potvin de Bédard Guilbault. Des 14 millions, on estime que 4,5 millions seraient subventionnés. En ajoutant notamment les frais juridiques, il resterait un montant de 9 651 324 $ à financer pour la Ville. À 3,5 % sur 30 ans, cela équivaut à un coût annuel de 524 800 $ incluant capital et intérêt.

Si l’on compte les 326 résidences qui seraient desservies plus 44 terrains constructibles, on a alors 370 unités taxables, pour une taxation de 1762 $ incluant notamment les coûts estimés d’entretien. Sur 30 ans, cela représente 41 590 $.

La commodore Julie Laforest pour l’Association nautique, et le président de l’APPELS Jean-Noël Ouisse ont également fait des présentations en faveur d’un égout collecteur. « La durée utile de l’égout va bien au-delà de son remboursement », a fait valoir ce dernier.

« Je me sens comme un danseur de claquettes aux Grands Ballets canadiens », a avoué Yves Bédard, porte-parole du Comité de citoyens pour d’autres solutions, comité qui regroupe une vingtaine de résidents. L’objectif du comité est de s’assurer que les citoyens reçoivent toute l’information pertinente sur le projet, suivre l’évolution du dossier et proposer d’autres alternatives existantes.

Le comité n’est pas là pour combattre le projet, dit M. Bédard, mais pour s’assurer de défendre les citoyens et assurer la survie du lac et de la Ville. « Ce n’est pas contre le projet d’égout qu’on en a, c’est contre ses coûts ». M. Bédard a d’abord fait valoir la diversité de la population du lac entre les saisonniers et les résidents permanents, entre les propriétés à grande et à petite valeur, les grands et les petits terrains. « Ce n’est pas tout le monde qui parle le même langage et qui a les mêmes préoccupations », dit-il. Tous ont des besoins, et des revenus différents.

M. Bédard fait valoir que pas seulement « les fosses septiques sont un pollueur mais que d’autres parties viennent jouer là-dessus ». La gestion des eaux de surface, des rives et des bateaux peut aussi avoir un impact, de même que la construction domiciliaire si on construit plus.

L’égout collecteur ou l’application du règlement Q2r22, ne sont pas les seules solutions, dit-il. L’autre solution serait d’obtenir un décret, seule façon de déroger au règlement en vigueur. Le CCAS a donc entrepris des démarches auprès de la Ville et du député notamment, pour présenter une approche intégrée. Il s’agirait de prioriser la séparation des eaux brunes, responsables de la majeure partie de la pollution, et des eaux grises dans le bassin versant du lac. Ce changement des priorités du Q2r22 exigerait des fosses de rétention, des fosses à vidange périodique et même des toilettes sèches, toujours dans le but premier de séparer eaux brunes et eaux grises.

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