Le salut de l’humanité passe par l’éducation, dit Claude Béland

Si seulement une trentaine de personnes ont assisté à la conférence que Claude Béland a récemment donnée à Saint-Marc, à l’invitation de la Chambre de commerce du secteur ouest de Portneuf (CCSOP), il n’en demeure pas moins que cet ancien président du Mouvement des caisses Desjardins et officier de l’Ordre national du Québec en a profité pour frapper avec force sur le système économique dans lequel on baigne.

Aux curieux venus l’entendre, M. Béland a expliqué pourquoi, selon lui, nous vivons dans un monde où l’exploitation de l’autre pour assurer sa propre réussite est devenue normale. Pour y arriver, il a cru bon remonter dans le temps et parler des différentes révolutions qu’il a observées au cours de sa vie.

Dans la foulée de la Seconde guerre mondiale, de la création de l’ONU et de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui a suivi, a d’abord expliqué l’invité de la CCSOP, la Révolution tranquille est venue marquer « le début d’un temps nouveau » au Québec. « On a commencé à voir ce qui se faisait ailleurs » et, toujours selon lui, c’est à cette époque que les technologies ont, à leur tour, nourrit cinq grandes révolutions.

Alors que la révolution des communications a favorisé le rapprochement de peuples et des marchés, celle des moyens de production a chamboulé le monde du travail. Pour leur part, la spéculation et l’endettement sont venus faire « basculer le monde »  en faisant de l’argent son roi. « Ça a développé un nouveau libéralisme à l’américaine » où l’individualisme, s’est désolé M. Béland, a pris le dessus sur l’esprit collectif des sociétés. Comme l’environnement et la génétique ont également connu de grands bouleversements, a-t-il ensuite avancé, « l’humanité n’a pas été capable de s’adapter ». Depuis, il a ajouté que « notre système économique produit le contraire de ce dont notre système social a besoin » et que « le pouvoir est concentré dans les mains des États et des patrons ». Pour lutter contre les inégalités, la pauvreté et la crise environnementale qui en découlent, il importe, selon lui, de miser sur une chose et c’est l’éducation.

En effet, Claude Béland est de ceux qui estiment que le salut de l’humanité passe par l’éducation. S’il a affirmé qu’il « est impératif que nos maisons d’enseignement créent des peuples qui sont capables de vivre en harmonie », on comprendra que c’est parce qu’il voit en cette harmonie le terreau qui favorisera la croissance d’un système économique alternatif. D’ailleurs, il est évident, pour lui, que l’économie doit être au service des régions et non pas l’inverse. « Si l’économie de chaque village de la province était au service de la communauté, tout le Québec serait guidé par une économie animée du courant civilisateur », est allé jusqu’à dire le conférencier.

Alors qu’il rendait visite à la chaufferie à la biomasse de Saint-Gilbert et à l’Espace Carrières et Affaires, lequel est situé à Saint-Marc, mentionnons que M. Béland a dit constater que les jeunes de l’ouest portneuvois participent au redressement des « tendances du monde actuel ». Selon lui, il en est ainsi puisque les personnes à qui on doit ces projets ont compris que l’entrepreneuriat n’est pas lié qu’aux affaires. En faisant le choix de les entreprendre non seulement pour eux, mais aussi pour toute leur communauté, ils ont aussi choisi le bonheur. Il faut dire que Claude Béland est d’avis que celui qui fait sa vie en faisant en sorte que son milieu de vie est heureux va lui-même être heureux.

Claude Béland, malgré le portrait peu reluisant qu’il dresse du monde qui l’entoure, a dit avoir quelques lueurs d’espoir. Du lot, en retiendra la Loi sur l’économie sociale du Québec de même que la création imminente du Centre international PhiloJeunes. M. Béland en sera le président.

Une flèche pour Desjardins

Fidèle à son habitude, soulignons finalement que l’invité de la CCSOP a profité du micro qui lui a été tendu en sol carriérois pour décocher une flèche sur le Mouvement Desjardins. Lors des assemblées générales des caisses, il dit avoir observé que « la démocratie n’est pas vivante » et que « c’est le capital qui vote » plutôt que les membres. Il y voit là une conséquence de l’individualisation de l’économie, individualisation qu’il a décrié tout au long de sa conférence.

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M. Claude Béland

Météo Portneuf