La Ville réexplique son projet de la Baie Vachon

Le ton a à peine monté par moment car il s’agit d’un débat qui s’est révélé plutôt intense. Cela se passait  jeudi soir dernier au Centre multifonctionnel de Saint-Raymond où la Ville de Saint-Raymond avait convoqué la population, dont évidemment celle du lac Sept-Îles, à une soirée d’information sur le projet de la Baie Vachon.

Le maire Daniel Dion l’a admis, une telle réunion aurait pu avoir lieu dès le début de la mise en marche du projet, mais la suite rapide des événements a fait que le temps a manqué, a-t-il expliqué pendant la période de questions qui a suivi la présentation.

Cela dit, c’est une solide présentation qu’a faite le maire M. Dion, accompagné au panel du directeur général de la Ville François Dumont, des représentants de l’organisme de bassin versant CAPSA, le d.g. Philippe Dufour et la biologiste Héloïse Drouin, de la coordonnatrice à l’urbanisme Sabrina Trudel ainsi que du géomorphologiste et biologiste Simon Bélanger.

Tous, même et surtout les opposants, ont reconnu la grande qualité du travail fait par la Ville afin de minimiser l’impact sur le lac du projet domiciliaire de la Baie Vachon.

Certains regrettent que la Ville n’ait pas protégé ce site, entendons par là le laisser vierge, site dont elle est propriétaire en vertu d’une entente passée. Ce à quoi le maire répond qu’elle aurait tout aussi bien pu le vendre à un promoteur privé, qui de son côté aurait pu y vendre une bonne vingtaine de terrains sans qu’aucune loi ne puisse l’en empêcher.

Le projet original de la Ville lancé en 2014 comportait d’ailleurs 24 terrains mais a été rejeté par le conseil. Même chose pour la version 2015 qui proposait 16 terrains. Pour en arriver à une version 2016 de huit grands terrains de la dimension de deux terrains de football, soit 100 000 pieds carrés chacun.

Le déboisement permis sur chacun de ces terrains sera pour la maison, le garage et les installations septiques, soit un peu plus de 8000 pieds carrés (750 mètres carrés). Le reste du terrain restera sous couvert boisé, et sa vente s’adressera bien évidemment aux amateurs de la nature, des gens qui aiment être entourés de forêt.

Un sentier nécéssairement étroit leur permettra l’accès au lac, où un quai commun construit à l’extérieur de la zone sensible des eaux peu profondes, permettra d’amarrer huit embarcations, soit une seule par terrain. La mise à l’eau des embarcations à moteurs devra se faire au club nautique à l’endroit prévu pour ce faire.

Cela se complète par une réglementation renforcée, au-delà de celle à laquelle avaient été soumis la majorité des propriétaires actuels à l’époque de leur installation autour du lac.

Un des enjeux de discussion a été la location exacte de la zone humide et de la zone en eaux peu profondes. Mais il ressort que la confusion a été éclaircie par le travail sur le terrain de l’organisme CAPSA, qui avait été mandaté à cette fin.

La Ville assure respecter la zone sensible et que celle-ci restera intacte. Outre le fait que les terrains ne seront déboisés que pour les bâtiments et que le reste gardera son boisé, la Ville a aussi prévu une bande de protection de 327 000 pieds carrés entre la zone domiciliaire et le milieu humide.

On s’y attendait, les opposants se sont présentés au micro pendant la période dite de questions, mais qui s’est plutôt avérée en partie composée de commentaires. Pourquoi imposer cette surcharge à un lac qui a déjà dépassé sa capacité d’accueil ? C’est là le principal leitmotiv de la seconde partie de cette réunion qui  duré près de trois heures.

L’intervention de la présidente de l’Association des propriétaires du lac Sept-Îles Claire Lessard, a rappelé que l’APLSI s’est opposé au projet, mais l’organisme travaille tout de même avec la Ville dans le cadre d’un comité conjoint dont le but est notamment de minimiser les impacts du projet.

Des intervenants se sont aussi questionnés sur la pertinence du projet en regard notamment de son côté économique, puisque les profits estimés à deux millions de dollars par la vente des terrains, sont prévus servir au développement du parc industriel numéro 2, où des rues avec services seront construites afin d’y recevoir de nouvelles industries. Cette mesure à caractère économique fait d’ailleurs partie intégrante de la donation du site par l’ex-maire Philémon Girard.

Certains ont imputé la pollution du lac aux comportements des années 60, 70 et 80 alors qu’aucune réglementation n’existait et que les gens pouvaient, par exemple, utiliser du savon en lavant leur linge dans le lac, etc. Mais d’autres attribuent le problème du lac à la trop grande présence de bateaux à moteur, parfois très puissants et qui, entre autres, font remonter les sédiments accumulés au fond du lac. En attendant une loi permettant aux villes de réglementer, la Ville assure qu’elle placera des bouées afin d’interdire certaines zones à la circulation motorisée.

La Ville soutient que le projet en cours ne mettra aucune pression supplémentaire sur le lac en raison des mesures recommandées par la CAPSA, tests de sol, déboisement limité, contrôle du ruissellement, contrôle de l’érosion, une rue qui suit la topographie naturelle, et ça va de soi, aucun sel de voirie répandu.

En conclusion de la réunion, tout le monde s’est félicité, d’une part de la qualité du travail réalisé par la Ville dans ce dossier, et de la civilité dont ont fait preuve les parties pendant cette réunion, qui, laisse-t-on entendre, sera répétée.

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