Baie Vachon : deux visions qui s’opposent

Deux visions se sont opposées lors du long conseil de ville de lundi dernier (durée de près de trois heures) à Saint-Raymond. Un regroupement de propriétaires du lac Sept-Îles mené par Denis Cayer est venu manifester son opposition au projet de la Baie Vachon, mais s’est heurté à un maire et son conseil bien préparés pour défendre le projet.

Déjà la semaine dernière, Denis Cayer et Marcel Paré, deux membres de ce groupe d’opposants, avaient convoqué la presse écrite pour une randonnée en ponton sur le lac, histoire de bien faire comprendre leur point de vue sur les lieux mêmes.

« La Ville de Saint-Raymond veut sacrifier son dernier terrain naturel municipal dans la Baie Vachon », argumente M. Cayer face à ce projet de huit maisons, avec rues asphaltées et quai commun pour plusieurs bateaux moteur.

« Une ville doit donner et prêcher par l’exemple », a déclaré M. Cayer lors de la période de question en début de séance du conseil. Le comité d’opposition croyait que le fait que la ville était propriétaire de ce milieu sensible garantissait qu’il ne ferait pas l’objet d’un développement domiciliaire.

Le comité reproche à la Ville de sacrifier un terrain bordant l’eau peu profonde de cette baie. «Les zones humides sont les habitats les plus menacés dans le monde, argumente Denis Cayer, et la Ville monnaye cette zone sensible, ce lieu d’accueil pour la faune ».

Selon lui, « le lac a dépassé sa capacité avec plus de 600 embarcations motorisées, et plus de 500 résidences en bordure et dans le bassin versant du lac Sept-Îles ».

Rappelons que le projet de la Ville est un développement de huit nouvelles résidences dans la Baie Vachon. Le secteur mesure 14 hectares, mais il n’en restera que quatre hectares après la réalisation de ce projet immobilier.

Une pétition initiée par les opposants au projet se retrouve à l’adresse web www.petitions24.net/lac_sept_iles. Sept cent cinquante personnes l’ont déjà signée.

En réponse aux arguments du regroupement opposé au projet, le maire Daniel Dion  a affirmé qu’il y avait « beaucoup de désinformation » dans le dossier, et qu’on se cache derrière des considérations environnementales pour exiger qu’il n’y ait pas de nouvelles constructions.

Selon lui, la zone humide est protégée, et les nouvelles constructions ne l’empièteront pas.

Les nouvelles règles exigent une superficie de 10 000 mètres carrés pour un nouveau terrain, avec une largeur de 50 mètres, une bande végétale de 15 mètres et la construction à 20 mètres de la rive. Il y aussi obligation d’une barrière de sédiment et de reboisement.

Cartes à l’appui, le maire a comparé la situations du lac avec, par exemple, le lac Saint-Charles, dont le développement se fait de façon plus sauvage. Selon son explication, le bassin unique du lac Sept-Îles ne fera l’objet que d’un déboisement très limité, sévèrement contrôlé.

« Depuis cinq ans, la Ville a fait beaucoup pour protéger le lac Sept-Îles », a rappelé le maire, comme témoignage de sa « conscience environnementale ». Le comité de M. Cayer reconnaît d’ailleurs tout cela.

En vertu d’un contrat qui remonte à la fusion des deux Saint-Raymond en 1995, le profit réalisé par la Ville devra être réinvesti directement dans l’économie de Saint-Raymond, soit le Parc industriel #2. Ce qui sera susceptible d’amener de nouvelles retombées, aptes à réduire l’effort citoyen sur le compte de taxes, explique-t-on.

M. Dion a rappelé qu’un comité conjoint avait été informé du projet de développement dès le 7 avril 2015. Des 25 terrains du projet original, ce nombre a été ramené à 15, puis à huit terrains d’un hectare chacun avec aménagement et constructions homologuées.

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Deux membres du regroupement s’opposant au projet : Denis Cayer et Marcel Paré