Portneuf s’offre un ouvrage historique pour son 150e

L’organisme Portneuf 1861, après avoir invité les Portneuviens et Portneuviennes à célébrer le 150e anniversaire de leur municipalité, vient de présenter un livre sur l’histoire de celle-ci.

 
Si on voit souvent des municipalités publier un ouvrage commémoratif à l’occasion de leur centenaire ou de leur bicentenaire, celui que vient de dévoiler Portneuf 1861 porte cette tradition à un autre niveau. Bien plus qu’un ouvrage anecdotique, Au dit-lieu de Portneuf rassemble des informations d’intérêt historique qui permettent aux lecteurs d’approfondir le passé de cette localité qui a vu des colons s’installer de façon permanente dès les années 1670.
 
Ce sont deux historiens amateurs et érudits locaux, Pierre Gignac et Jean-François Corbeil, qui ont rédigé l’ouvrage. Ce dernier est le fruit d’un patient travail de recherche qui s’est étendu sur cinq ans. Les nombreuses sources bibliographiques recensées dans les dernières pages témoignent d’ailleurs de l’ampleur de la tâche qui a été accomplie. Greffes de notaires et d’arpenteurs, fonds archivistiques, procès verbaux, ouvrages historiques et périodiques ont tous servi de sources d’information.
 
Le livre de plus de 360 pages dresse un large panorama de l’histoire de Portneuf depuis l’occupation amérindienne. La vie maritime de l’endroit, les familles souches, l’organisation civile et religieuse, l’industrie et les métiers passent tous au crible. Des dizaines de photos et de cartes anciennes sont inclus.
 
En se lançant dans cette tâche, Pierre Gignac avait la volonté de sensibiliser sa communauté à la vaste histoire sur laquelle elle s’est érigée. Ce dernier remarque que bien que le village de Portneuf soit aussi ancien que ses voisins Cap-Santé et Deschambault, le patrimoine y est moins visible. L’histoire, au quotidien, ne rejoint donc pas les citoyens. Remarquant que le patrimoine bâti est peu mis en valeur, monsieur Gignac explique que le caractère industriel de Portneuf y est pour beaucoup. Certains édifices d’importance ont été détruits, d’autres ont été restaurés de façon douteuse, de nouvelles demeures sont construites sont porter d’attention particulière à l’intégration architecturale.
 
L’historien remarque toutefois que le potentiel est toujours là. Au dit-lieu de Portneuf le démontre pleinement : une large section a été consacrée aux demeures anciennes qui sont toujours sur pied. L’Histoire ne meure pas. Les maisons Alphonse-Lemay, Alexis-Langlois, André-Gaudry et beaucoup d’autres sont encore là pour en témoigner. « C’est ce qu’on voulait démontrer, dit Pierre Gignac, c’était notre but d’éveiller les citoyens et les élus et de démontrer que nous avons toujours un potentiel ». Monsieur Gignac espère toujours voir naître, à Portneuf, un Plan d’intégration architecturale (PIA) qui servira à protéger les axes ayant une importance patrimoniale sur le territoire de la municipalité.
 
À la Ville, on a rappelé que l’élaboration du PIA était en attente de la publication de l’ouvrage de Gignac et Corbeil. Le service d’urbanisme dit vouloir s’en servir comme d’une référence. On a aussi souligné que c’était là un processus de longue haleine qui devait recevoir l’aval des citoyens.
 
Dans un autre ordre d’idée, alors qu’avait été avancé l’idée de rendre permanent l’organisme Portneuf 1861 qui a chapeauté l’organisation des Fêtes du 150e, Pierre Gignac nous a informé qu’aucune décision finale n’avait été prise à ce sujet.
 
Au dit-lieu de Portneuf est en vente, pour un montant de 50 dollars, à la Ville de Portneuf ou auprès de Pierre Gignac, en composant le 418 286-0024.



Pierre Gignac et Jean-François Corbeil ont signé des exemplaires de leur livre lors du lancement, dimanche dernier
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